Etat d'urgence en Thaïlande. © TF1/LCIL'état d'urgence a été décrété mardi à Bangkok, quelques heures après de violents affrontements entre partisans et adversaires du Premier ministre thaïlandais Samak Sundaravej, dont des milliers d'opposants continuent d'exiger la démission en occupant le siège du gouvernement.
"En raison des violences nocturnes qui ont troublé l'ordre dans le pays et (qui) sont allées à l'encontre des lois, le gouvernement a déclaré l'état d'urgence (à Bangkok), ce qui affectera les libertés individuelles", a annoncé le gouvernement. Les heurts ont fait un mort et 44 blessés, dont trois par balles, selon le Centre d'urgence national. M. Samak a nommé le commandant en chef de l'armée, le général Anupong Paojinda, à la tête d'une équipe chargée de faire appliquer la mesure d'exception.
"Marionette" de l'ancien Premier ministre
Les rassemblements de plus de cinq personnes sont désormais proscrits. Dans la nuit, des milliers de manifestants pro et anti-gouvernementaux se sont affrontés à Bangkok, selon la police. Les deux groupes de manifestants se sont opposés violemment non loin du siège du gouvernement, occupé depuis une semaine par des milliers de partisans de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), coalition hétéroclite de militants nationalistes, royalistes et syndicaux. Ils réclament la tête de Samak Sundaravej, 73 ans, qu'ils accusent d'être la "marionnette" de l'ancien Premier ministre de Thaïlande, Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d'Etat en 2006 et réfugié en Grande-Bretagne après des accusations de corruption. Peu après la proclamation de l'état d'urgence, le principal leader des manifestants a exhorté 5.000 de ses partisans à ne pas céder.
Contre la démocratie populaire
Lundi, la principale confédération syndicale, la State Enterprises Workers' Relations Confederation (43 syndicats, 200.000 membres), avait appelé à des débrayages à partir de mercredi, menaçant de couper l'eau et l'électricité aux agences du gouvernement. En 2006, la PAD avait contribué, également par des actions dans la capitale thaïlandaise, à déstabiliser M. Thaksin avant son renversement par des généraux royalistes.
Le parti de M. Samak, dominé par des lieutenants de M. Thaksin, avait largement remporté en décembre dernier les premières élections législatives depuis le putsch. Hostile à toute démocratie populaire qui "encourage la corruption", la PAD a proposé en juillet un nouveau système politique dans lequel 70% des parlementaires seraient nommés, et non élus.
(D'après agence)
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