Attentat dans l'Etat d'Assam, dans le nord-est de l'Inde (30 octobre 2008) © TF1/LCIEn moins d'une heure ce jeudi, onze ou douze déflagrations provoquées par des engins explosifs ont secoué l'Etat de l'Assam, au nord-est de l'Inde. A elle seule, sa ville principale, Guwahati, a été la cible de cinq bombes qui ont fait une quinzaine de morts. Trois autres départements de cet Etat reculé ont été visés, avec des dizaines de victimes. Au total, cinquante-six personnes ont été tuées et plus de trois cents autres blessées.
Nul n'a revendiqué cette vague meurtrière, mais les autorités ont laissé entendre que seule la rébellion du Front de libération de l'Asom (ULFA), en lutte armée depuis 1979 pour l'indépendance de l'Assam, pouvait être derrière ces attentats coordonnés. "Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais l'ULFA est réputé pour ses attentats en série", a accusé le ministre régional de la Santé, cité par l'agence Press Trust of India. Plus prudent, le Premier ministre de l'Assam a dénoncé "un acte lâche destiné à terrifier" et qui exige d'y "répondre fermement".
50.000 morts depuis l'indépendance de l'Inde
Des survivants ont raconté avoir été pris de panique et avoir vu des dizaines de blessés acheminés vers des hôpitaux au milieu de carcasses déchiquetées et fumantes de voitures et de motocyclettes. L'un des attentats a dévasté un marché de fruits et légumes de Guwahati, tout près de bâtiments du gouvernement et de l'assemblée de la province. Une autre explosion est survenue devant le tribunal départemental de la ville, tuant cinq personnes aux "corps carbonisés et méconnaissables", selon un policier. Un couvre-feu diurne a aussitôt été imposé à Guwahati : plusieurs habitants en colère face à l'absence de mesures de sécurité anti-terroristes en ville avaient commencé à mettre à sac des autobus et des voitures de la police.
Le nord-est de l'Inde forme une enclave nichée entre le Bhoutan et la Chine au nord, la Birmanie à l'est et le Bangladesh à l'ouest. Ces Etats indiens de Manipur, Nagaland, Assam, Meghalaya, Tripura et Mizoram sont à des degrés divers le théâtre d'insurrections séparatistes et de violences intercommunautaires qui ont fait quelque 50.000 morts depuis l'indépendance de l'Inde en août 1947. Dans l'Assam, célèbre pour ses magnifiques plantations de thé à flanc de colline, les violences ont fait 10.000 morts en vingt ans. Mais la guérilla de l'ULFA, un temps populaire, a perdu le soutien de l'ensemble de la population depuis que des attentats dans des lieux publics ont fauché bon nombre de civils.
D'après agence
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