Touristes pris au piège à l'aéroport international de Bangkok (26 novembre 2008) © TF1/LCIL'opération d'évacuation est presque terminée à l'aéroport international de Bangkok, l'aéroport Suvarnabhumi, bloqué depuis mardi par des milliers de manifestants anti-gouvernementaux, et où 3000 touristes se sont retrouvés piégés. L'aéroport est officiellement fermé pour une durée inconnue, les vols détournés vers celui de Chiang Mai, mais des milliers de touristes ignorant des troubles avaient continué, jusqu'à mardi soir, à affluer vers l'aéroport international tombé sous le contrôle des manifestants. Les violences ont été marquées par des coups de feu et par l'explosion d'au moins une grenade ; et pour les voyageurs qui ont passé, bon gré mal gré, une nuit précaire sur place, le début de la prise en charge par les autorités thaïlandaises n'a commencé qu'au bout de plusieurs heures.
Les autorités australiennes et néo-zélandaises ont appelé leurs ressortissants à la plus grande vigilance en raison des manifestations qui se multiplient en Thaïlande, et ont déconseillé à leurs nationaux de se rendre dans le pays, alors que plus de 2000 opposants au gouvernement continuent actuellement à tenir l'aéroport Suvarnabhumi, plaque tournante utilisée par 13 millions de touristes visitant la Thaïlande chaque année.
Des manifestation d'opposants de plus en plus violentes
C'est l'un des épisodes les plus violents du long bras de fer qui se joue entre le gouvernement et une opposition qui brandit le symbole du royalisme comme signe de ralliement, et de plus en plus agressive. Mardi, pour la deuxième journée consécutive, des milliers d'opposants ont multiplié les actions pour paralyser l'activité gouvernementale et faire tomber le Premier ministre élu Somchai Wongsawat, beau-frère du dirigeant déchu Thaksin Shinawatra. Outre le spectaculaire assaut sur l'aéroport, d'après des images diffusées par la chaîne TPBS, deux membres au moins du service d'ordre de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD) ont tiré une demi-douzaine de cartouches avec des armes de poing dans une artère du nord de la capitale. Le PAD, qui organise depuis six mois les manifestations antigouvernementales, a dit avoir été préalablement attaqué à coups de pierres et de planches.
Le siège de l'aéroport risque toutefois d'entamer le soutien de l'opinion à un mouvement qui semble prêt à des actions extrêmes pour provoquer une violente riposte du gouvernement. Les sondages traduisent une lassitude grandissante de l'opinion envers le PAD, alliance hétéroclite d'hommes d'affaires, d'universitaires et de militants. Un mot d'ordre de grève des syndicats du secteur public en signe de soutien au PAD n'a pas abouti, mais l'agitation autour de l'aéroport pourrait aggraver l'impact économique d'une crise politique de plus de trois ans. La situation inspire aussi des craintes quant à la capacité de l'économie thaïlandaise, tributaire des exportations, à faire face à une crise financière internationale. Le gouvernement a estimé cette semaine que le taux de croissance du pays atteindrait cette année 4,5%, son niveau le plus bas depuis sept ans.
Les touristes français "en sécurité" |
L'Association de tour-opérateurs français Ceto a assuré mercredi que les touristes français bloqués en Thaïlande "sont en sécurité" et "ont été pris en charge" par leurs voyagistes. "Les touristes français sont dans leurs hôtels et tenus constamment informés par leurs tour-opérateurs", a déclaré René-Marc Chikli. "Ce n'est pas un problème de sécurité, mais de logistique", a-t-il commenté, sans pouvoir préciser le nombre de touristes français sur place. Par ailleurs, Paris demande à ses ressortissants de différer tout voyage vers la Thaïlande. |
D'après agence
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