© AFPDes manifestants anti-gouvernementaux ont provoqué jeudi matin la fermeture du second aéroport de Bangkok, isolant la capitale thaïlandaise qui n'est plus accessible par voie aérienne, alors que les parties en conflit restaient sourdes aux appels de l'armée à mettre fin à la crise. Finalement, le Premier ministre thaïlandais Somchai Wongsawat a déclaré l'état d'urgence, mais la mesure d'exception a été limitée géographiquement aux deux aéroports de Bangkok fermés.
Des touristes, pris au piège, cherchent à quitter le pays, alors que la situation s'aggrave d'heure en heure et que des partisans du gouvernement multiplient les appels à la proclamation de l'état d'urgence. Depuis mardi déjà, Suvarnabhumi, le principal aéroport de la capitale thaïlandaise, pris d'assaut par des milliers d'opposants, est complètement fermé. Quelque 3.000 passagers, dont 300 touristes français, retenus au début par les manifestants, ont été évacués de l'aéroport mais demeurent bloqués à Bangkok. Et preuve que la situation ne s'améliore pas, La Thaïlande a proposé jeudi aux compagnies aériennes d'utiliser une base de l'aéronautique navale dans l'est du pays après la fermeture des deux aéroports de la capitale.
Appel à dissoudre le parlement
La crise politique en Thaïlande, qui dure depuis plus de deux ans, oppose partisans et adversaires de Thaksin Shinawatra, Premier ministre renversé par l'armée en septembre 2006. Encore très populaire dans les régions rurales du nord, M. Thaksin, aujourd'hui en exil, est haï par une bonne partie des élites de Bangkok et du sud. Face à la crise qui s'envenime, le chef de la puissante armée thaïlandaise, le général Anupong Paojinda, a appelé l'actuel Premier ministre Somchai Wongsawat, un proche de M. Thaksin, à dissoudre le Parlement et à convoquer des élections législatives anticipée. Mais Somchai Wongsawat a rejeté mercredi l'appel du chef de l'armée, déclarant que son gouvernement, issu d'élections, était légitime. Face au pourrissement de la situation et aux demandes pressantes de l'armée, les rumeurs de coup d'Etat se faisaient de plus en plus insistantes jeudi matin. Mais l'armée, par la voix d'un de ses portes-paroles, a formellement démenti l'imminence d'un coup de force.
Le Premier ministre, qui était au Pérou pour un sommet des pays de l'Asie-Pacifique (Apec), est revenu mercredi soir en Thaïlande mais, au lieu d'atterrir à Bangkok, son avion s'est posé à Chiang Mai, fief du clan Thaksin.
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