La France confirme son engagement après un nouveau mort

le 23 novembre 2008 à 13h30 , mis à jour le 23 novembre 2008 à 21h59

Michèle Alliot-Marie exclut tout retour des forces spéciales françaises après la mort, samedi, d'un soldat victime d'une mine au sud de Kaboul.

Combats en AfghanistanCombats en Afghanistan © TF1/LCI

La France va poursuivre son engagement en Afghanistan sous commandement de l'Otan, bien qu'elle ait perdu un nouveau soldat samedi dans ce pays, a déclaré dimanche Michèle Alliot-Marie. Elle a expliqué que la France devait y combattre le "terrorisme" qui y trouverait selon elle sa source. "Si vous voulez lutter dans notre territoire, vous êtes obligés de travailler à l'extérieur. Ce qu'il faut, c'est essayer d'aller chercher le terrorisme là où il prend naissance pour effectivement faire en sorte que nos concitoyens soient le mieux protégés possible", a-t-elle souligné sur Europe 1. La ministre de l'Intérieur a notamment exclu tout retour des forces spéciales françaises, retirées en 2006 d'Afghanistan, avant que Nicolas Sarkozy n'envoie des renforts d'unités classiques. Ce renforcement a été confirmé après une embuscade du 18 août, qui avait fait 10 morts et 21 blessés dans les rangs français à une cinquantaine de km à l'est de Kaboul.

Depuis l'intervention étrangère en 2001 en Afghanistan, le bilan des pertes françaises dans ce pays se monte désormais à 25 hommes. La dernière victime en date étant un soldat français tué samedi, pendant qu'un de ses camarades était blessé, lors de l'explosion de deux mines au sud de Kaboul. Après le décès de samedi, Nicolas Sarkozy a parlé de "piège meurtrier par engin explosif" et l'a donc attribué implicitement aux groupes islamistes ou afghans qui combattent la présence étrangère.

"Une vigilance est nécessaire sur notre territoire"

Michèle Alliot-Marie est par ailleurs revenue dimanche sur les menaces formulées par des talibans contre la France, dans un enregistrement vidéo non daté diffusé mi-novembre. Dans l'enregistrement, un commandant des talibans présenté comme le mollah Farouq déclarait : "Nous avons tué dix soldats français aujourd'hui pour adresser un message aux Français afin qu'ils corrigent leurs erreurs et se retirent d'Afghanistan. S'ils ne le font pas, ils entendront notre réponse à Paris". Des menaces qui, selon la ministre de l'Intérieur, ne visaient pas véritablement le territoire français. Elle a fait remarquer ce dimanche sur Europe 1 que la nébuleuse islamiste diffusait régulièrement ce type de communiqués et que la formulation n'évoquait pas explicitement l'hypothèse d'attentats sur le territoire français.

"Dans le message, il semble que, beaucoup plus, ce qui a été dit c'est que les talibans allaient attaquer les forces françaises en Afghanistan et qu'on en entendrait parler jusqu'en France", a-t-elle dit. "En revanche, ce qui est vrai c'est que notre pays est menacé par le terrorisme, il n'est pas plus menacé que d'autres pays, il ne l'est pas moins (...) c'est la raison pour laquelle une vigilance est nécessaire sur notre territoire", a-t-elle ajouté. De son côté, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a estimé dimanche qu'en Afghanistan, "la solution ne peut pas être que militaire". "Personne n'a jamais dompté l'Afghanistan, ni les Anglais, ni Alexandre", a-t-il déclaré au cours de l'émission Internationales de Radio France Internationale, TV5 Monde et le journal Le Monde.

D'après agence

le 23 novembre 2008 à 13:30
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