La tension monte d'un cran à Bangkok

le 29 novembre 2008 à 09h01 , mis à jour le 29 novembre 2008 à 20h43

Alors que la police renforçait samedi ses positions autour de l'aéroport international occupé, au moins 46 manifestants ont été blessés dans une attaque à la grenade au siège du gouvernement.

[Expiré] [Expiré] bangkok thaïlande aéroport crise © AFP

Les forces de l'ordre semblent donc prêtes à la confrontation. Quelque 2.000 policiers thaïlandais ont pris position samedi autour de l'aéroport international de Bangkok, occupé depuis quatre jours par des manifestants qui ont bravé des sommations des forces de l'ordre et juré de tenir leur siège jusqu'à la démission du Premier ministre. Dans le même temps, des milliers de touristes tentaient toujours de quitter le royaume via notamment la base militaire d'U-Tapao, à 190 kilomètres au sud-est de la capitale, où les compagnies ont été autorisées à opérer pour des vols prioritaires.

Selon le directeur de l'aéroport Suvarnabhumi (vols internationaux), la plateforme qui peut gérer jusqu'à 700 vols quotidiens restera fermée au moins jusqu'à lundi 11h GMT. L'autre aéroport de Bangkog, Don Mueang (vols intérieurs) est également aux mains des manifestants. "Assiéger les aéroports est un acte aux conséquences extrêmement risquées. Cela conduira les pays étrangers à perdre confiance en la Thaïlande", a averti le chef du gouvernement, Somchai Wongsawat, retranché depuis mercredi dans la ville septentionale de Chiang Mai, à 700 km de Bangkok. De son côté, le vice-Premier ministre Olarn Chaiprawat a prévenu que le rapatriement des passagers étrangers piégés en Thaïlande pourrait prendre jusqu'à "un mois".

Sur le terrain, la tension est montée entre la police et les manifestants qui observent une discipline quasi-militaire et dont certains sont armés. Des images de télévision tournées dans la matinée ont montré un face-à-face tendu entre policiers et protestaires qui tentaient d'empêcher les forces de l'ordre d'établir des barrages. Et au moins 46 personnes ont été blessées dans la nuit de samedi à dimanche dans une attaque à la grenade contre les manifestants qui occupent depuis plusieurs mois le siège du gouvernement à Bangkok, a annoncé la police. L'explosion s'est produite près d'une tribune installée pour les rassemblements en face du siège du gouvernement. Il s'agit de la dernière d'une série d'explosions sur ce site occupé depuis le mois d'août par les manifestants de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD) qui réclament la démission du Premier ministre Somchai Wongsawat.

La communauté internationale s'impatiente
 
Un peu plus tôt vendredi, le chef du gouvernement a limogé le chef de la police nationale. Les autorités cherchent désespérément une porte de sortie à cette crise qui paralyse le pays et engendre de gigantesques pertes financières en ce début de saison touristique. M. Somchai avait proclamé jeudi l'état d'urgence autour des aéroports occupés de Suvarnabhumi (vols internationaux) et Don Mueang (vols intérieurs). Cette mesure d'exception, géographiquement limitée, confère des pouvoirs étendus aux forces de sécurité pour y rétablir l'ordre.
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Du côté de la communauté internationale, les Etats-Unis et l'Union européenne montrent des signes d'impatience : ils ont appelé vendredi à l'arrêt des manifestations bloquant les deux aéroports de Bangkok qui ont "perturbé le trafic aérien international et qui ont bloqué plus de 100.000 passagers" en Thaïlande.

le 29 novembre 2008 à 09:01
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