L'une des rares images des extrémistes qui ont lancé une série d'attaques à Bombay le 26 novembre 2008 © TF1-LCILes autorités indiennes ont assuré dimanche avoir la preuve d'une implication pakistanaise dans les attentats de Bombay qui ont fait près de 200 morts, tandis qu'Islamabad menaçait de masser des troupes à la frontière entre les deux puissances nucléaires.
Deux attentats meurtriers à Karachi
Le premier attentat a visé un autobus transportant des chiites à Karachi. Les victimes ont ensuite été transportées dans un hôpital, secoué quelques minutes plus tard par un deuxième attentat. On dénombre 25 morts.
Publié le 05/02/2010
"Nous avons la preuve que les terroristes venaient du Pakistan", a déclaré sans plus de détail le ministre indien de la Sécurité intérieure. Les dix extrémistes islamistes qui ont semé la terreur pendant trois jours dans la capitale financière seraient arrivés par la mer en provenance de Karachi. Neuf ont été tués, mais un a été pris vivant. Condamnant "un acte de terrorisme barbare", Islamabad, engagé depuis 2004 dans un processus de paix avec New Delhi, a nié toute implication et promet de coopérer à l'enquête. "En tant que président du Pakistan, s'il existe une quelconque preuve d'une implication de groupes ou d'individus pakistanais dans les attentats de Bombay, j'agirai de la manière la plus prompte à la lumière de preuves et ce devant le monde entier", a promis samedi le chef de l'Etat, Asif Ali Zardari (lire notre article).
Les soupçons se portent sur le Pakistan
Un haut responsable des services de sécurité pakistanais a toutefois annoncé qu'une partie des troupes engagées dans la lutte contre les milices islamistes à la frontière afghane seraient redéployées à la frontière indienne si les tensions persistent. Pas moins de 100.000 militaires pakistanais sont déployés dans les zones tribales, où les islamistes proches d'Al Qaïda sont très actifs, et l'engagement d'Islamabad dans la lutte antiterroriste est jugé décisif à Washington. Signe de la tension qui règne au Pakistan, le Premier ministre Yousaf Raza Gilani a téléphoné à plusieurs représentants de l'opposition, qui l'"ont assuré de leur soutien et de leur coopération dans cette situation critique". Le chef de la diplomatie a quant à lui pris contact avec son homologue chinois et avec Javier Solana, haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune.
Bien que les attentats de Bombay aient été revendiqués par les Moudjahidin du Deccan, une organisation inconnue, les soupçons de New Delhi convergent vers les mouvements pakistanais Lashkar-e-Taiba et Jaish-e-Mohammed, qui combattent la présence indienne au Cachemire. Pour certains observateurs, les deux mouvements ont joui par le passé du soutien des services de renseignement pakistanais. Islamabad dément et dit n'avoir accordé qu'un soutien moral et diplomatique aux séparatistes cachemiris.
(D'après agence)
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