© AFP/A. QURESHILe 8 mai 2002, un attentat-kamikaze commis à Karachi au passage d'un bus où avaient pris place des employés de la Direction des constructions navales, qui construisaient des sous-marins, avait fait 14 morts, dont 11 Français. L'attaque a été attribuée par les autorités pakistanaises à des islamistes, dont certains ont été condamnés à morts.
Selon Le Point, l'enquête pourrait être relancée dans les semaines qui viennent, sur une toute autre piste. Le journal explique qu'un document saisi par hasard par la justice française accrédite en effet la piste d'une implication de l'armée pakistanaise. Intitulé "Nautilus", il s'agit d'un rapport de la DCN, daté de septembre 2002. Il conclut, après une mission de renseignement interne, à l'implication de personnalités militaires mécontentes du non-versement de commissions à des dirigeants politiques pakistanais. L'existence de ce rapport, saisi dans le cadre d'une autre affaire dans un bureau d'un dirigeant de la DCN, a été versée en octobre au dossier judiciaire français.
Le nom du président actuel cité
Le point de départ de l'attentat serait en fait le contrat de construction des sous-marins et ses conditions. Le rapport affirme que Jacques Chirac, après son élection en 1995, avait interdit le versement de commissions initialement convenues en 1994 lors de la signature du contrat prévoyant la livraison de trois sous-marins par la DCN au Pakistan. Parmi les personnalités qui auraient été frustrées du versement de commissions, le rapport cite, selon Le Point, Asif Ali Zardari, mari de Benazir Bhutto, alors Premier ministre du Pakistan. Asif Ali Zardari est quant à lui aujourd'hui président du pays. "Après de nombreux contacts, tant en Europe qu'au Pakistan, nous parvenons à la conclusion que l'attentat de Karachi a été réalisé grâce à des complicités au sein de l'armée", ajoute "Nautilus", qui n'est pas signé.
L'information judiciaire toujours ouverte en France contre "X" pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste, tentatives d'assassinat et complicité" pourrait donc être relancée par des "investigations financières", selon un haut responsable antiterroriste français.
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