Premier tête-à-tête

Par D.H. (avec agence), le 06 décembre 2008 à 17h34 , mis à jour le 06 décembre 2008 à 23h24

Malgré la colère chinoise, le chef de l'Etat a rencontré samedi en Pologne le dalaï-lama, pour la 1re fois depuis son arrivée à l'Elysée, affirmant être "libre de son agenda" et que "c'était son devoir".

sarkozy dalaï-lamaNicolas Sarkozy rencontre le dalaï-lama le 6 décembre 2008 en Pologne © TF1-LCI

 
> Interview : "Le dalaï lama n'est qu'un prétexte"

> Sarkozy : Pékin "savait parfaitement que cette rencontre aurait lieu" 

> Quel impact en Chine ?

La rencontre était attendue depuis des mois. Elle avait été repoussée au moment des JO (Carla Bruni-Sarkozy ayant remplacé le président à ce moment là). Mais cette fois, Nicolas Sarkozy a refusé de fléchir face aux menaces chinoises et s'en est de nouveau expliqué. Le président français a rencontré samedi après-midi, durant une quarantaine de minutes, le dalaï-lama, en marge du mini-sommet à Gdansk, en Pologne sur le climat entre le chef de l'Etat et les dirigeants de huit pays d'Europe de l'Est ainsi que des cérémonies du 25e anniversaire de l'attribution du Prix Nobel de la Paix à Lech Walesa. "Ça s'est très bien passé", a ensuite commenté le chef de l'Etat français, racontant avoir évoqué avec le leader tibétain autant les dossiers du Tibet et que de l'Europe.

Il convient de "ne pas dramatiser" cette rencontre, avait redit peu avant le président français, répétant être "libre de son agenda". "En tant que président du Conseil de l'Europe, je porte des valeurs, des convictions. C'était mon devoir de le faire, je le fais bien volontiers", a-t-il aussi affirmé. "Il faut voir ces choses tranquillement, sereinement. Le monde a besoin d'une Chine ouverte qui participe à la gouvernance mondiale. La Chine a besoin d'une Europe puissante (...) nous avons le devoir de travailler ensemble", a-t-il ajouté. Prié de dire s'il avait hésité à rencontrer le dalaï-lama, qu'il n'a pas reçu lors d'une visite en France au mois d'août, il a déclaré : "Je n'ai jamais hésité puisque chaque fois que j'ai pris la parole sur le sujet, j'ai indiqué que je rencontrerais le dalaï lama avant la fin de l'année 2008. J'ai toujours dis la même chose". 

En Chine, après cette rencontre, les menaces proférées cette semaine semblaient restées lettre morte : voir le reportage en vidéo. Pékin, qui désapprouve les rencontres entre le leader tibétain et les dirigeants étrangers, avait depuis quelques jours fait part de sa colère, annulant le sommet UE/Chine qui devait se tenir à Lyon le 1er décembre puis le sommet France/Chine du lendemain à Paris, et mémettant des menaces sur les relations commerciales avec la France. Face à la colère chinoise, l'Elysée se déclarait "serein". "On n'a pas remarqué le moindre début de boycott de nos produits", assurait en fin de semaine le Palais présidentiel, ajoutant qu'en cette période de crise économique mondiale, les Chinois comme les Français ont intérêt à maintenir de bonnes relations.

Par D.H. (avec agence) le 06 décembre 2008 à 17:34
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