Sarkozy-dalaï lama : la rencontre

Par F.A., le 06 décembre 2008 à 05h45 , mis à jour le 06 décembre 2008 à 17h06

Malgré la colère chinoise, le chef de l'Etat a répété samedi être "libre de son agenda" avant sa rencontre en Pologne avec le leader tibétain, pour la 1re fois depuis son arrivée à l'Elysée.

TF1/LCI Le dalaï lama, le 16 octobre 2007Le dalaï lama, le 16 octobre 2007 © TF1/LCI

 

  • Le dalaï lama renonce à son rôle politique

    Le dalaï lama se considère depuis longtemps comme "semi-retraité" sur le plan politique avec la présence d'un Premier ministre élu. Il reste toutefois le chef spirituel des Tibétains.

    Publié le 10/03/2011 Le dalaï lama renonce à son rôle politique
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Interview : "Le dalaï lama n'est qu'un prétexte"

C'est donc à Gdansk, en Pologne, que la rencontre de tous les dangers pour la diplomatie française s'est tenue ce samedi. Nicolas Sarkozy a en effet rencontré dans l'après-midi le dalaï lama, en marge du mini-sommet sur le climat entre le chef de l'Etat et les dirigeants de huit pays d'Europe de l'Est ainsi que des cérémonies du 25e anniversaire de l'attribution du Prix Nobel de la Paix à Lech Walesa. Il convient de "ne pas dramatiser" cette rencontre, a affirmé samedi après-midi encore le président français, avant ce rendez-vous, redisant être "libre de son agenda".

"En tant que président du Conseil de l'Europe, je porte des valeurs, des convictions. C'était mon devoir de le faire, je le fais bien volontiers", a-t-il aussi affirmé. "Il faut voir ces choses tranquillement, sereinement. Le monde a besoin d'une Chine ouverte qui participe à la gouvernance mondiale. La Chine a besoin d'une Europe puissante (...) nous avons le devoir de travailler ensemble", a-t-il ajouté. Prié de dire s'il avait hésité à rencontrer le dalaï-lama, qu'il n'a pas reçu lors d'une visite en France au mois d'août, il a déclaré : "Je n'ai jamais hésité puisque chaque fois que j'ai pris la parole sur le sujet, j'ai indiqué que je rencontrerais le dalaï lama avant la fin de l'année 2008. J'ai toujours dis la même chose".

La Chine menace, l'Elysée "serein"
 
La Chine, qui désapprouve les rencontres entre le leader tibétain et les dirigeants étrangers, a déjà fait part de sa colère. Elle a tout d'abord annulé le sommet Union européenne/Chine qui devait se tenir à Lyon le 1er décembre puis le sommet France/Chine du lendemain à Paris. Et ce jeudi, elle a fait savoir, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, que ses relations commerciales avec la France pourraient être gravement affectées. De fait, les menaces de boycott des produits français s'amplifient. Certains observateurs font néanmoins remarquer cette rencontre est surtout un prétexte pour tenter de diviser l'UE, avec qui les contentieux économiques sont légion (cliquez ici pour lire notre article).

Face à la colère chinoise, l'Elysée se déclare "serein". "On n'a pas remarqué le moindre début de boycott de nos produits", assure le Palais présidentiel, ajoutant qu'en cette période de crise économique mondiale, les Chinois comme les Français ont intérêt à maintenir de bonnes relations. "Nos deux économies souffrent (...) on se tient par la barbichette", explique-t-on. "Il y a peut-être une overdose de la promotion des droits de l'Homme dans l'Union européenne sous présidence française", déplore également l'Elysée, en rappelant que les eurodéputés s'apprêtent à décerner, le 17 décembre, le prix Sakharov des droits de l'Homme au dissident chinois Hu Jia.

Une année mouvementée
 
Les relations entre les deux pays ont déjà connu un coup de froid en mars après les émeutes au Tibet et le passage mouvementé de la flamme olympique à  Paris. Le distributeur français Carrefour, très présent en Chine, avait été la cible d'une campagne de boycottage de plusieurs semaines. Puis la situation s'était apaisée avec la décision de Nicolas Sarkozy d'assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques.
 
Lors du passage en France du dalaï lama cet été, le président de la République, même s'il avait déclaré qu'il ne se laisserait "pas dicter sa conduite" par la Chine, le chef de l'Etat avait préféré  ne pas mettre en péril ses bonnes relations retrouvées avec Pékin en renonçant à  rencontrer à cette occasion le chef spirituel tibétain. Cette tâche avait finalement incombé à son épouse. Carla Bruni-Sarkozy,  accompagnée du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, avait ainsi rencontré le dalaï lama dans l'Hérault pour l'inauguration d'un temple.

Par F.A. le 06 décembre 2008 à 05:45
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