Deux têtes de bronze, fragments d'une fontaine détruite lors du sac du Palais d'été au XVIIIe siècle en Chine © TF1/LCI/DRDécidément, ce sont les enchères de tous les extrêmes. La vente de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé a donné lieu mardi soir (jour consacré aux arts décoratifs) à un nouveau record : le fauteuil "aux dragons" d'Eileen Gray, une des pièces phares de la vente, a été adjugé au prix de 21,9 millions d'euros, un record pour cette artiste. Et, au-delà, la polémique sur les deux têtes en bronze réclamées par la Chine rebondit et se transforme en affront, selon la presse de l'Empire du milieu.
Un journal officiel chinois qualifie mercredi de nouvel affront de la France à la Chine la vente des deux bronzes de la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé, dans le contexte des relations difficiles entre Pékin et Paris. "La France heurte une nouvelle fois les sentiments des Chinois", titre le Global Times, spécialisé dans les affaires internationales et souvent le relais des points de vue les plus nationalistes du régime.
Le quai d'Orsay n'a reçu aucune demande officielle
La Chine réclame, plus ou moins officiellement, le retour des deux pièces: des têtes de rat et de lapin en bronze, pillées à Pékin il y a près de 150 ans au Palais d'été par les troupes franco-britanniques à l'occasion de la seconde guerre de l'opium. "Tout le monde connaît la détermination des Chinois", souligne le Global Times dans son article. "La Chine n'est pas un petit pays, elle est de plus en plus puissante (...) A l'avenir, les salles des ventes pourront de moins en moins mépriser l'attitude et le point de vue des Chinois", affirme-t-il. La rencontre en décembre entre le dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, et le président français Nicolas Sarkozy, qui assumait alors la présidence tournante de l'UE, avait provoqué la colère de Pékin. La Chine avait annulé le sommet UE-Chine prévu à Lyon (France) le 1er décembre et les relations bilatérales depuis ne se sont pas réchauffées.
Toutefois, selon le quai d'Orsay, "la France n'a fait l'objet d'aucune démarche officielle des autorités chinoises sur cette question". La justice française a d'ailleurs autorisé lundi la vente de ces deux bronzes chinois. Le tribunal de Paris n'avait été saisi que par une Association pour la protection de l'art chinois en Europe (Apace), basée à Paris, qui réclamait la suspension de la vente. Les deux sculptures doivent être mises aux enchères mercredi en soirée, au troisième et dernier jour d'une vente exceptionnelle, parfois qualifiée de "vente du siècle".
(D'après agence)
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