Le "Madoff japonais" vendait des futons

le 05 février 2009 à 10h54 , mis à jour le 05 février 2009 à 11h10

Soupçonné d'une des plus grosses escroqueries pyramidales de l'histoire du pays -entre un et deux milliards d'euros-, un patron d'entreprise de literie a été arrêté jeudi.

Kazutsugi NamiKazutsugi Nami, au moment de son arrestation, le 5 février 2009 © TF1/LCI

Au Japon, Bernard Madoff pourrait se traduire par Kazutsugi Nami. Agé de 75 ans, ce PDG de l'entreprise de literie L§G,  aujourd'hui en faillite, était devenu au fil des ans un véritable gourou pour les investisseurs qu'il enrôlait. La police le soupçonne d'une escroquerie pyramidale dont l'ampleur exacte n'a pas été officiellement dévoilée. Selon les médias, elle serait comprise entre 126 et 226 milliards de yens (entre 1,1 et 2 milliards d'euros) et aurait fait au moins 37.000 victimes.
 
Kazutsugi Nami promettait des rendements annuels de 36% aux investisseurs qui lui confiaient leur argent. Il avait également mis en circulation une monnaie virtuelle, baptisée "enten", combinaison des deux idéogrammes signifiant "yen" et "paradis", qu'il prétendait vouloir transformer en devise mondiale unique. Ces "enten" étaient utilisables dans plusieurs hôtels, bazars et magasins en payant avec son téléphone portable, ou bien sur des sites de vente en ligne.

"Ce n'est pas une fraude"
 
Pour un minimum de 100.000 yens, les souscripteurs recevaient une somme équivalente en "enten" et pouvaient théoriquement récupérer leur investissement au bout d'un an. S'ils décidaient de le laisser entre les mains Kazutsugi Nami, leur stock d'"enten" était renouvelé sans qu'ils aient à verser une nouvelle somme d'argent.  Début 2007, l'entreprise avait cessé de verser les intérêts aux investisseurs et de racheter les "enten" aux commerces partenaires de l'opération. Elle avait ensuite licencié tout son personnel.
 
Avant qu'il ne soit emmené par la police -tout comme 21 de ses collaborateurs-, Kazutsugi Nami a eu le temps de clamer son innocence devant les caméras de télévision et affirmer qu'il ne regrettait rien. "Je suis la victime la plus à plaindre. Personne n'a perdu autant que moi. Vous devriez savoir que les hauts rendements s'accompagnent de hauts risques", a-t-il plaidé. Il a également admis qu'il utilisait les fonds apportés par les nouveaux investisseurs pour rémunérer les plus anciens -le schéma classique de l'escroquerie pyramidale. "C'est ce que font toutes les entreprises. Ce n'est pas une fraude", a-t-il lancé.

le 05 février 2009 à 10:54
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3 Commentaires

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  • FL, le 05/02/2009 à 13h41

    Est ce que Kazutsugi est aussi une victime de Madoff ! La cavalerie passe et les naïfs aboient.

  • Alain, le 05/02/2009 à 12h04

    Bof, du gagne petit à coté de Madoff ! Y en a combien encire comme ça ?

  • DIDIER, le 05/02/2009 à 11h33

    Difficile à croire que tant de personnes puissent ainsi se laisser berner. Mais en France il existe bien encore des cercles d'abondance, ou jeu de l'avion, ou cercle de dons qui fonctionnent et dans lesquels nombres de personnes perdent leur mise sans même après pouvoir porter plainte (jeux interdits) ni le faire savoir de peur de passer pour des nigauds. Il n'y a pas de miracle : l'histoire des petits pains ne peut être extrapolée mais les "animateurs" sont sans doute très convaincants face à la crédulité et l'appas du gain d'une certaine "clientèle"

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