© Reuters/B. McDermidLa polémique et le suspense auront duré jusqu'au bout. Et le feuilleton n'est d'ailleurs pas terminé. Les lunettes et d'autres objets ayant appartenu au Mahatma Gandhi ont été adjugés jeudi à New York à un homme d'affaires indien pour 1,8 million de dollars, malgré la tentative du propriétaire des souvenirs d'arrêter cette vente controversée. Les enchères se sont déroulées alors que le militant pacifiste James Otis, propriétaire des souvenirs, venait juste de déclarer à la presse qu'il avait "au vu de la controverse" demandé à la maison d'enchères de les retirer et de les lui rendre. Le tout quelques heures après avoir appris que la vente devait finalement bel et bien se tenir, le propriétaire et l'Inde ayant rompu les négociations... (lire notre article).
C'est un milliardaire indien Vijay Mallya qui a emporté le lot... qui avait initialement été estimé le produit de la vente entre 20.000 et 30.000 dollars ! Accueilli par des applaudissements dans la salle au comble de l'effervescence, l'enchérisseur a assuré que la collection retournerait en Inde. Il a dit sont intention d'en faire don à son pays. "Je suis certain que tous les Indiens se réjouiront de voir les effets de Gandhi revenir au pays", a déclaré à la presse le représentant de l'acheteur. Mais des questions légales pourraient être soulevées dans les prochains jours, selon des experts. L'avocat de James Otis a estimé que la vente n'était pas valable puisque son client en avait demandé l'annulation. Antiquorum a décrété un délai de 15 jours pour trancher ce litige, avant de remettre les lunettes et les autres objets à l'acquéreur.
Un deal inacceptable pour New Delhi
L'annonce de la vente avait provoqué un tollé en Inde, nombreux étant ceux qui préféraient que tous ces effets soient conservés dans un musée. New Delhi avait protesté avec véhémence contre cette vente, arguant que les sandales en cuir à lanières, la montre de gousset, un bol, un plat et les célèbres lunettes rondes du père de l'indépendance indienne et apôtre de la non-violence faisaient partie du patrimoine national indien. Le ministre de la Culture indien avait même déclaré que "le Premier ministre indien nous a donné comme instruction d'empêcher que ces objets soient mis à l'encan et de tout faire pour que cela n'arrive pas".
James Otis avait alors proposé de rendre gratuitement les effets du Mahatma. En échange, il demandait au gouvernement indien d'augmenter ses dépenses de santé pour les pauvres et d'organiser une exposition internationale de ces objets. Mais New Delhi avait rapidement démenti cet accord. "Gandhi lui-même n'aurait pas accepté ces conditions", expliquait le ministre des Affaires étrangères. "Le gouvernement indien, qui représente le peuple souverain, ne peut pas entrer dans des négociations qui impliquent une allocation de fonds", avait-il ajouté.
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