© Reuters/S. SukplangPris d'assaut samedi par des hordes de manifestants dans une atmosphère de chaos total, le sommet asiatique de Pattaya, en Thaïlande, a été reporté. Selon le porte-parole du gouvernement, il en allait "de la sécurité des dirigeants" des seize pays d'Asie-Pacifique qui participaient aux réunions. Ils ont d'ailleurs dû être évacués précipitamment par hélicoptère.
La situation a dégénéré lorsque, débordant les forces de l'ordre, des centaines de "chemises rouges" - le surnom des partisans de l'ex Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra - ont fait irruption à l'intérieur du complexe hôtelier de luxe surplombant le golfe de Thaïlande où le sommet avait débuté vendredi. Scandant des slogans hostiles à l'actuel chef du gouvernement, les protestataires, surexcités mais non violents, ont envahi plusieurs bâtiments de l'hôtel, faisant fuir quelques touristes médusés qui se prélassaient au bord de la piscine. Cet état de fait plutôt difficile a encore été compliqué par l'arrivée sur les lieux de "chemises bleues", des militants pro-gouvernementaux armés de bâtons et de bouteilles. Des échauffourées ont éclaté avec les "chemises rouges", faisant au moins treize blessés, selon un responsable médical.
Les rassemblements de plus de cinq personnes interdits
Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva, dont les manifestants réclament la démission, a aussitôt annoncé à la télévision que l'état d'urgence était décrété à Pattaya et dans la province environnante de Chonburi, avant que celui-ci ne soit levé quelques heures plus tard. En ce qui concerne le sommet entre les pays d'Asie du sud-est et leurs principaux partenaires, qui avait déjà été reporté en décembre en raison de l'interminable crise politique thaïlandaise, aucune nouvelle date n'a été avancée pour sa tenue.
Depuis le 26 mars, le mouvement des "chemises rouges" campe autour du siège du gouvernement à Bangkok. Mercredi, en rassemblant plus de 100.000 personnes dans les rues de la capitale, il avait accentué la pression sur Abhisit Vejjajiva. Les "chemises rouges" accusent d'être une "marionnette" de l'armée et de certains conseillers du roi celui qui est devenu Premier ministre le 15 décembre à la faveur d'un renversement d'alliance parlementaire. Pendant que Thaksin Shinawatra, ancien homme fort de la Thaïlande renversé par des généraux royalistes en 2006, et réfugié à l'étranger pour échapper à une condamnation pour corruption dans son pays, reste toujours populaire malgré les controverses qui l'entourent, en particulier dans les régions rurales du nord. D'où cet interminable bras de fer entre ses partisans et l'actuel chef du gouvernement, qui plonge le pays dans l'incertitude politique.
D'après agence
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