© ReutersLe Sri Lanka
Le pays, autrefois colonisé par le Royaume-Uni sous le nom de Ceylan, est indépendant depuis 1948. Comptant environ 18 millions d'habitants, il est composé de plusieurs ethnies. Les Cinghalais, bouddhistes, y sont majoritaires et tiennent le pouvoir par la force aux dépens des Tamouls minoritaires, hindouistes et quelquefois catholiques. Ces derniers sont concentrés dans l'est et le nord du pays. Une forte communauté vit également un peu partout à l'étranger. Elle dénonce régulièrement l'attitude du gouvernement envers ses membres restés sur place.
Les Tigres tamouls
En 1972, les troubles ethniques, qui rythment la vie du pays depuis l'indépendance, deviennent de plus en plus violents. En 1976, les Tamouls les plus radicaux fondent les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) pour obtenir l'indépendance par les armes. Connus sous le nom de Tigres tamouls, d'inspiration marxiste, ils prennent le pas sur les autres groupes anti-gouvernementaux et se transforment rapidement en organisation terroriste, avec attentats-suicides et recrutement d'enfants-soldats. En représailles, le gouvernement cinghalais multiplie les opérations de répression contre les civils tamouls, comme le "pogrom" de juillet 1983, qui marque le point de départ de la guerre civile proprement dite.
La rupture du processus de paix
Au fil des années, alors que le conflit a déjà fait des milliers de morts, les cessez-le-feu se multiplient et tiennent tant bien que mal. En 2006, le nouveau président Mahinda Rajapakse, élu en novembre 2005 et partisan de la manière forte, remet en cause la relative autonomie accordée aux Tamouls. En 2008, il rompt officiellement la trêve alors en vigueur. L'escalade militaire interviendra dans la foulée.
La guerre
Depuis le début de l'année, dans un conflit d'une rare violence, le gouvernement a pris petit à petit les fiefs tamouls, tandis que leur leader Velupillaï Prabhakaran est invisible depuis plusieurs semaines. Les combattants tamouls sont désormais retranchés dans un périmètre d'à peine une quinzaine de km2 au nord-est de l'île. Mahinda Rajapakse entend, soit obtenir leur reddition définitive, soit les faire tomber dans les jours qui viennent.
Les civils au coeur du conflit
D'un côté l'armée. De l'autre, les Tigres tamouls. Plusieurs dizaines de milliers de civils tamouls sont pris entre deux feux dans la zone des combats, qu'ils tentent de fuir. Les deux camps s'accusent des pires atrocités. Les Tigres tamouls parlent de génocide et affirment que l'armée prend délibérément les civils comme cible. De son côté, pour le gouvernement, ces mêmes civils sont en fait utilisés comme boucliers humains.
Difficile donc d'avoir un bilan précis et indépendant, d'autant plus que la zone est interdite aux ONG et aux journalistes. Selon l'Onu, au moins 2.800 civils auraient été tués depuis janvier -depuis 1972, on parle de plus de 70.000 morts
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