L'inexorable progression des talibans vers la capitale

Par F.A., le 24 avril 2009 à 11h09 , mis à jour le 24 avril 2009 à 13h20

Malgré les accords de paix et l'intervention de l'armée, les miliciens islamistes se trouvent désormais à moins d'une centaine de kilomètres d'Islamabad.

[Expiré] taliban buner pakistan © Reuters

Jusqu'où iront les talibans au Pakistan ? Face à l'impuissance de l'armée et des autorités, président Asif Ali Zardari compris, ils progressent lentement mais sûrement vers Islamabad, la capitale. Les accords de cessez-le-feu locaux signés en échange de la mise en place de la charia, comme dans la vallée du Swat, dans le nord-ouest du pays, n'y changent rien. L'arrêt des hostilités est en effet rarement respecté par les miliciens islamistes. Et chaque nouvelle reprise des combats leur est favorable.
 
Cette semaine, le coup de semonce est venu du district de Buner,  toujours au nord-ouest. Les talibans de la vallée du Swat, rompant leur promesse, y sont entrés,  sans véritable résistance de l'armée. Ils se sont ensuite emparés de bâtiments officiels, d'ONG et de mosquées. Pour montrer leur force, ils patrouillent désormais dans les rues à bord de pick-up et de 4x4 équipés d'armes légères et de lance-roquettes. Ils ont également établi des barrages filtrants sur les principaux axes de circulation. Vendredi matin, alors que l'armée a envoyé des renforts à Buner, ils ont néanmoins commencé à se retirer de la ville.

Etat nucléaire
 
Même si ce retrait était mené à bien, sans retour ultérieur, il ne changerait pas fondamentalement la nouvelle situation. Buner est en effet situé à environ une centaine de kilomètres d'Islamabad. Le temps où les talibans étaient confinés dans la zone tribale à la frontière avec l'Afghanistan, secteur servant de base arrière contre les forces de l'Otan soutenant le régime en place à Kaboul, est désormais bel et bien révolu.  Face à cette inexorable progression, le danger de la prise de la capitale et de l'installation des talibans au pouvoir est donc de plus en plus réel. Avec tout ce qui s'en suit puisque le Pakistan possède l'arme nucléaire.
 
Les Etats-Unis, qui ont fait du Pakistan le point névralgique de la lutte contre le terrorisme, avant même l'Afghanistan, ont tiré le signal d'alarme. "Nous sommes extrêmement inquiets  et c'est une affaire qui occupe beaucoup du temps de Barack Obama", reconnaît Robert Gibbs, le porte-parole de la Maison-Blanche."Ce qui se passe au Pakistan et en Afghanistan est le sujet de préoccupation central de cette administration", souligne-t-il, en rappelant que c'était la raison pour laquelle le président américain avait intégré le Pakistan à sa nouvelle stratégie pour l'Afghanistan. De son côté, Hillary Clinton, la ministre des Affaires étrangères, accuse le gouvernement pakistanais d'avoir "abdiqué" et prévient que l'existence même de l'Etat pakistanais est désormais "menacée".
 

Par F.A. le 24 avril 2009 à 11:09
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9 Commentaires

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  • Liz, le 25/04/2009 à 23h39

    Et dire que le Pakistan possède l'arme nucléaire... C'est quoi ce gouvernement fantoche qui se laisse envahir aussi facilement??? Mais ne pas oublier que le Pakistan a toujours été un des plus grand bastions de l'islamisme. Ca va finalement peut etre faire boum plus vite que prévu tout ça?

  • Fernande, le 25/04/2009 à 06h36

    Ils sont déjà a Paris !....

  • Pierre, le 24/04/2009 à 18h44

    La crainte, voir la peur à avoir, c'est que le Pakistant a l'arme nucléaire....

  • Az, le 24/04/2009 à 16h24

    Encore merci aux américains qui ont pratiqué la politique de l'autruche avec ce pays pseudo-allié, à qui l'on doit déjà l'enlisement en afghanistan vue l'inertie face aux fanatiques à la frontière.

  • Alex, le 24/04/2009 à 15h29

    Hillary Clinton n'est pas ministre des affaires étrangères, mais Secrétaire d'Etat...

  • Nano06, le 24/04/2009 à 15h17

    L'administration Obama a raison de s'inquiéter, il faut dire qu'il y a de quoi...

  • Andre, le 24/04/2009 à 15h10

    La crise, à côté de ça, c'est rien du tout, tous aux abris..........gros nuages en perspective.....

  • Torhepen, le 24/04/2009 à 12h45

    La grande Bretagne avait renoncé à faire régner la PAX BRITANNICA dans les zones tribales et, pour peu que ces tribus ne s'entretuent pas trop entre elles et ne constituent pas un danger pour le peuple des plaines évitait d'y mettre trop son nez. Elle a, sous la pression des US qui croyaient pouvoir mieux faire, "refilé la situation " au PAKISTAN qui s'est révélé incapable d'apporter une solution comme j'ai pu le constater il y a vingt ans, lorsque j'y suis passé, époque où l'on m'a proposé une kalachnikov et trois cents cartouche pour le prix dérisoire de 1200 francs. Les USA qui n'avaient pas le doigté nécessaire ont eu la politique de l'éléphant dans un magasin de porcelaine et se trompent une fois de plus d'ennemi C'est l'EUROPE qui va faire les premiers frais car elle ne saura se dégager à temps de ce guépier.

  • DUPONT, le 24/04/2009 à 12h12

    Pourquoi s'inquiéter ? Obama est là !!!

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