Les "chemises rouges" jettent l'éponge

Par , le 14 avril 2009 à 07h45 , mis à jour le 14 avril 2009 à 14h42

Après la mort de deux personnes, les manifestants antigouvernementaux se sont dispersés mardi sur ordre de leurs dirigeants.

Des manifestantes anti-gouvernementales face à un militaire à Bangkok.Des manifestantes anti-gouvernementales face à un militaire à Bangkok. © REUTERS

La tension baisse d'un cran. Des centaines de manifestants antigouvernementaux, cernés depuis lundi soir par d'importantes forces de sécurité près du siège du pouvoir à Bangkok, se sont dispersés mardi sur ordre de leurs dirigeants. Trois leaders du mouvement ont ensuite été arrêtés puis inculpés. Des mandats d'arrêt ont également été mardi contre l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra et douze de ses partisans, jugés responsables du désordre.
 
Selon un porte-parole militaire, plus de 2000 manifestants étaient restés massés dans la nuit près du siège du gouvernement, cernés par des soldats armés et des blindés, au lendemain d'une journée de violence et d'anarchie. "La raison pour laquelle nous avons décidé de nous disperser est liée au fait que nous voulons éviter la moindre perte en vies humaines", a déclaré une porte-parole de la contestation. Peu après ces déclarations, des centaines de "chemises rouges" -surnom des manifestants fidèles à l'ancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra- ont bel et bien quittér leur campement établi le 26 mars dans ce quartier.

 

Manifestants repoussés
 
Les graves désordres de lundi à Bangkok ont fait au moins 2 morts et 113 blessés, dont 44 étaient encore hospitalisés mardi matin, selon les services de secours. Deux hommes de 19 et 54 ans, présentés comme de simples résidents du voisinage, ont été tués par balles au cours d'une rixe avec des "chemises rouges", selon le gouvernement et les services d'urgence. Lundi, les manifestants ont dressé des barricades, incendié des autobus et se sont battus à coups de cocktails molotov et de pavés avec des militaires, qui ont riposté par des coups de semonce à l'arme automatique, des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Les soldats ont réussi à la tombée de la nuit à repousser les manifestants éparpillés dans Bangkok vers les alentours du siège du gouvernement.
 
L'état d'urgence avait été décrété dimanche dans la capitale thaïlandaise par le Premier ministre Abhisit Vejjajiva confronté depuis des semaines à des manifestants réclamant sa démission et la tenue d'élections anticipées. Contrairement à ce qu'elle avait fait lors des manifestations d'opposants royalistes qui avaient précipité fin 2008 la chute d'un gouvernement pro-Thaksin, l'armée n'est pas restée passive. Et, lors de plusieurs interventions à la télévision, le Premier ministre est apparu à l'écran, entouré des principaux responsables de l'armée.

 

(D'après agence)

Par Laurent Deschamps le 14 avril 2009 à 07:45
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

3 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Mancenillier, le 15/04/2009 à 23h59

    Nous avons vécu ces évènements à 200 m des affrontements , sur Ayutthaya road; en aucun cas les étrangers ont été en danger que ce soit d' un côté où de l' autre! grande leçon donnée aux européens. Cela se serait passé en France, bons nombres de magasins et autres établissements auraient payés le prix fort pour les pillages et autres saccages... Chez nous les enfants profitaient de Songkran en tirant sur les passants avec des fusils et des canons à eaux puisque c' était la grande fête de l' eau. Les deux personnes tuées l' ont été par des chemises rouges lors d un affrontement de quartier, entre riverains excédés. Que les journalistes cessent de faire du sensationnalisme pour apeurer les proches de ceux qui sont ici. Effectivement la Thaïlande risque de perdre beaucoup économiquement, mais d' un autre côté cela assainira aussi peut-être le tourisme. C' est un peuple magnifique, et depuis près de 18 mois il nous montre que l' on peut essayer de résoudre les crises autrement

  • Canaval, le 14/04/2009 à 13h33

    Mon avis après mes réactions reproduites ci-dessusest qu'il fallait attendre une reprise économique avant de s'agiter .

  • Canaval, le 14/04/2009 à 13h31

    Les manifestations ont ajouté certainement une nouvelle crise économique (tourisme) à la crise "officielle" Les prix ont diminué de 20 à70 % voici 1 mois..Ce pays risque de payer cher ces troubles.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience