Des manifestantes anti-gouvernementales face à un militaire à Bangkok. © REUTERSLa tension baisse d'un cran. Des centaines de manifestants antigouvernementaux, cernés depuis lundi soir par d'importantes forces de sécurité près du siège du pouvoir à Bangkok, se sont dispersés mardi sur ordre de leurs dirigeants. Trois leaders du mouvement ont ensuite été arrêtés puis inculpés. Des mandats d'arrêt ont également été mardi contre l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra et douze de ses partisans, jugés responsables du désordre.
Selon un porte-parole militaire, plus de 2000 manifestants étaient restés massés dans la nuit près du siège du gouvernement, cernés par des soldats armés et des blindés, au lendemain d'une journée de violence et d'anarchie. "La raison pour laquelle nous avons décidé de nous disperser est liée au fait que nous voulons éviter la moindre perte en vies humaines", a déclaré une porte-parole de la contestation. Peu après ces déclarations, des centaines de "chemises rouges" -surnom des manifestants fidèles à l'ancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra- ont bel et bien quittér leur campement établi le 26 mars dans ce quartier.
Manifestants repoussés
Les graves désordres de lundi à Bangkok ont fait au moins 2 morts et 113 blessés, dont 44 étaient encore hospitalisés mardi matin, selon les services de secours. Deux hommes de 19 et 54 ans, présentés comme de simples résidents du voisinage, ont été tués par balles au cours d'une rixe avec des "chemises rouges", selon le gouvernement et les services d'urgence. Lundi, les manifestants ont dressé des barricades, incendié des autobus et se sont battus à coups de cocktails molotov et de pavés avec des militaires, qui ont riposté par des coups de semonce à l'arme automatique, des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Les soldats ont réussi à la tombée de la nuit à repousser les manifestants éparpillés dans Bangkok vers les alentours du siège du gouvernement.
L'état d'urgence avait été décrété dimanche dans la capitale thaïlandaise par le Premier ministre Abhisit Vejjajiva confronté depuis des semaines à des manifestants réclamant sa démission et la tenue d'élections anticipées. Contrairement à ce qu'elle avait fait lors des manifestations d'opposants royalistes qui avaient précipité fin 2008 la chute d'un gouvernement pro-Thaksin, l'armée n'est pas restée passive. Et, lors de plusieurs interventions à la télévision, le Premier ministre est apparu à l'écran, entouré des principaux responsables de l'armée.
(D'après agence)
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