Manifestation de Tamouls à Paris (25 avril 2009) © TF1/LCIDepuis des semaines, le Sri Lanka - ex-colonie britannique très jalouse de sa souveraineté - rejette les exhortations internationales, tout comme les appels des rebelles des Tigres de libération de l'Eelam tamoul, à une "pause" humanitaire dans sa lutte contre la rébellion. Plus de 6500 civils ont probablement été tués et 14.000 blessés depuis janvier, selon l'ONU, lorsque l'armée a lancé l'offensive "finale" dans un nord-est aujourd'hui dévasté. Un dernier carré de combattants des Tigres, commandé par Velupillai Prabhakaran, sont acculés sur une bande côtière de 10 km2. C'est là que celui que l'on surnomme "Tigre numéro 1" se terre, selon l'état-major sri-lankais. Invisible depuis 18 mois, il est depuis 37 ans à la tête de cette redoutable guérilla. En pleine débâcle, les séparatistes ont averti qu'une "famine était imminente" pour les personnes vivant dans la région du conflit en raison de la baisse des stocks de vivres "et du blocage délibéré des ravitaillements" par Colombo.
Mais la pression internationale s'accroît, tout comme les manifestations de la diaspora tamoule en France et dans les autres pays européens - Royaume-Uni, Suisse ou encore Norvège. Samedi, quelque 10.000 personnes, selon la police, ont ainsi défilé dans les rues de Paris pour dénoncer le "génocide" des Tamouls du Sri Lanka. Tee-shirts blancs frappés des slogans "stop au génocide du peuple tamoul" ou "peace not war", les manifestants se sont rassemblés sur la place du Trocadéro, au coeur de Paris, où a été érigée une tente abritant trois jeunes en grève de la faim depuis le 18 avril "jusqu'à la mort" ou "l'obtention d'un cessez-le-feu". Des manifestants agitaient le drapeau rouge des Tigres, pendant que des slogans fusaient : "Français aidez-nous, Sarkozy aidez-nous !"
Exode de civils
Pendant que les protestataires défilaient dans les rues, les Nations unies et le G8 sommaient les belligérants d'épargner les civils encore bloqués dans la zone des combats opposant l'armée et les rebelles tamouls. Depuis qu'a commencé lundi un exode massif de civils tamouls, l'ONU pense que plus de 100.000 personnes se sont échappées de la mince bande côtière. Mais il reste encore 50.000 civils retenus par les rebelles, s'alarment les Nations unies. Colombo les évalue à 15.000, servant de "boucliers humains" aux insurgés et affirme avoir "sauvé" 110.000 Tamouls qui ont fui la poche des Tigres depuis lundi, à la faveur de "la plus grande opération de libération d'otages dans l'Histoire".
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, est attendu la semaine prochaine au Sri Lanka et Paris fournira un hôpital de campagne pour les victimes du conflit entre l'armée et les rebelles tamouls, a annoncé vendredi le ministère sri-lankais des Affaires étrangères. Il aura été précédé par le responsable humanitaire de l'ONU, John Holmes, qui effectue ce week-end sa deuxième visite depuis février. Outre ses inquiétudes sur le plan de l'approvisionnement des civils, il compte fermement "voir les populations dans les camps (de rétention) et me rendre compte de la manière avec laquelle est géré l'afflux soudain de gens sortis de la zone des combats".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




