Kim Jong-il, le leader nord-coréen à Pyongyang. © TF1/LCIFace aux menaces de la Corée du Nord, les forces conjointes américano-sud-coréennes sont passées à un niveau d'alerte et de mobilisation supérieur jeudi. Le ministère de la défense sud-coréen a fait état d'une montée "d'un cran" du dispositif, "jusqu'au niveau deux". Conséquence : "la surveillance au dessus de la Corée du Nord va être renforcée et davantage d'avions et de personnels mobilisés", a précisé le ministère. La surveillance va se concentrer le long de la Zone démilitarisée qui divise la péninsule, sur la Zone de sécurité conjointe au village de Panmunjom et la Ligne de limitation avec le Nord - la frontière disputée sur la mer Jaune. Il s'agit, pour l'état-major sud-coréen, de "maintenir une solide position défensive pour prévenir les provocations militaires du Nord".
L'essai nucléaire qui inquiète le monde
La Corée du Nord a confirmé avoir procédé à deux nouveaux tirs de missiles courte portée. Des essais que de nombreux pays condamnent.
Publié le 25/05/2009
La Corée du Nord a affirmé mercredi n'être plus liée par l'armistice qui a mis fin à la guerre de Corée, qui avait ensanglanté la péninsule de 1950 à 1953, et a menacé son voisin du sud d'une attaque militaire, deux jours après avoir procédé à un essai nucléaire. Pyongyang réagissait ainsi à la décision de Séoul de se joindre à l'Initiative de sécurité contre la Prolifération (PSI), lancée par les Etats-Unis en 2003, qui prévoit notamment des manoeuvres militaires et autorise l'arraisonnement en haute mer de navires suspectés de transporter du matériel nucléaire et autres armes de destruction massive. Le régime communiste avait considéré que cette décision équivalait à "une déclaration de guerre". En prévenant que "tout acte hostile, notamment le fait de stopper ou de perquisitionner nos navires (...) donnera lieu à une réponse militaire forte et immédiate".
Des risques d'accrochages en mer
C'est la quatrième fois depuis 1982 que les dispositifs d'alerte sont élevés au niveau deux, alors que les Etats-Unis maintiennent en permanence une force de 28.500 hommes stationnée en Corée du Sud comme force de dissuasion face au Nord. La dernière bouffée de tension en date remontait au premier essai nucléaire de la Corée du Nord, en 2006. Mercredi les Etats-Unis avaient déclaré par la voix de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton qu'ils honoreraient leur engagement à défendre la Corée du Sud. Les menaces proférées par la Corée du Nord ne feront que renforcer davantage son "isolement", a de son côté averti la Maison Blanche.
En l'absence d'un traité de paix, les deux Corées sont toujours officiellement en état de guerre. Si Pyongyang ne s'estime plus lié par l'armistice de 1953, "la péninsule coréenne va revenir à un état de guerre", a prévenu le Nord. Pour Cheong Seong-chang, chercheur à l'Institut Sejong, les menaces du Nord vont "attiser les tensions intercoréennes et un accrochage naval sur la côte ouest est fort possible".
Pendant ce temps, le Conseil de sécurité de l'ONU prépare une résolution devant comporter de nouvelles sanctions contre Pyongyang. Un diplomate occidental a indiqué mercredi que les pays clés du Conseil de sécurité de l'ONU sont d'accord pour renforcer les sanctions contre la Corée du Nord. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a cependant estimé mercredi qu'il n'y aurait pas de projet de résolution avant la fin de la semaine. Le Premier ministre japonais Taro Aso a jugé "important que de nouvelles sanctions soient inclues dans la résolution" tandis que la Russie a déclaré qu'elle s'associerait à une "résolution ferme", tout en appelant à une reprise des négociations avec Pyongyang, "seul moyen" selon elle de résoudre la crise.
D'après agence
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