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| La fin de 37 ans de combat |
Il demeurait invisible depuis 18 mois et nul n'avait d'information fiable sur son sort. Des rumeurs le donnaient suicidé (il gardait toujours sur lui une capsule de cyanure), caché au Sri Lanka ou en fuite en Asie du Sud-Est. L'hypothèse la plus probable était qu'il restait retranché dans la petite enclave encore aux mains des Tigres tamouls et encerclée par l'armée au nord-est du Sri Lanka. Mais le fondateur de la guérilla la plus organisée au monde, Velupillaï Prabhakaran, "Tigre numéro 1", a probablement été tué lundi par l'armée lors d'une embuscade. Sa mort, si elle est confirmée officiellement, sonnera le glas du mouvement des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) qui avait déjà reconnu dimanche sa défaite militaire au terme de 37 ans de conflit séparatiste.
Selon des témoignages de militaires sri-lankais, Velupillaï Prabhakaran essayait de s'enfuir à bord d'une ambulance en compagnie de deux lieutenants, lorsque son véhicule a été pris pour cible et a pris feu. Déjà, lundi matin, le cadavre de son fils, Charles Anthony, âgé de 24 ans, avait été retrouvé par les forces armées. Le ministère de la Défense a en outre fait état de la mort de trois hauts responsables du LTTE, dont les corps ont été retrouvés : le chef de la vitrine politique de la rébellion, B. Nadesan, l'ex-chef du secrétariat à la paix du LTTE, S. Puleedevan, et le dirigeant S. Ramesh.
La fin du conflit officialisée mardi au Parlement
La "défaite militaire des terroristes" avait été annoncée dès samedi par le président nationaliste Mahinda Rajapakse, architecte depuis trois ans - avec son frère Gotabhaya au ministère de la Défense - d'une guerre à outrance, alors que l'insurrection séparatiste contrôlait encore en 2006 un tiers des 65.000 km2 du Sri Lanka, dans le nord et l'est, où elle luttait pour un Etat tamoul indépendant. Et dimanche, la guérilla la plus redoutable au monde avait elle-même annoncé avoir cessé le combat, admettant ainsi sa défaite militaire. "Nous avons décidé de faire taire nos armes (...) Cette bataille s'est achevée amèrement", avait déclaré le responsable des relations internationales du LTTE, Selvarasa Pathmanathan. L'armée n'en a pas moins continué à se battre jusqu'à lundi contre des irréductibles avant d'annoncer la fin de ces derniers combats. Et mardi, le chef de l'Etat devrait officialiser devant le Parlement la fin du conflit, alors que la fête bat déjà son plein dans le pays.
Mais si l'armée est largement victorieuse sur le terrain, les conséquences en termes de politique internationale sont lourdes pour le Sri Lanka. En raison de la brutalité de son ultime coup de boutoir depuis janvier - qui a probablement tué, selon l'ONU, 6500 civils - Colombo s'est mis à dos l'Occident. Environ 50.000 personnes étaient restées piégées dans les combats, selon l'ONU, après la fuite de 115.000 habitants fin avril. Ces jours-ci, les rebelles ont accusé les militaires d'avoir massacré des milliers de civils. Colombo a rétorqué que la guérilla tirait sur ces "boucliers humains". Gordon Brown, Premier ministre du Royaume-Uni, l'ex-puissance coloniale, a averti Colombo de "conséquences pour ses actions". Londres est favorable à une enquête pour "crimes de guerre", visant tant l'armée que les Tigres.
D'après agence







