Après le Proche-Orient mardi avec la réception du président israélien Shimon Peres, Barack Obama se penche désormais sur un autre sujet de politique étrangère, en l'occurrence le dossier afghano-pakistanais. Pour la première fois depuis son entrée en fonctions, il s'entretiendra directement avec ses homologues pour leur expliquer sa vision de la situation.
Ce mercredi, Hamid Karzaï, le président afghan, et Asif Ali Zardari, le président pakistanais, seront reçus tour à tour à la Maison-Blanche. Un sommet tripartite se déroulera dans la foulée. C'est peu dire que ces rencontres ont lieu à un moment difficile. Au Pakistan comme en Afghanistan, les talibans, alliés à Al-Qaïda, gagnent du terrain.
Les talibans visent-ils l'arme nucléaire ?
Au Pakistan, face à l'inefficacité de l'armée, ils ont de fait transformé les zones tribales du nord-ouest en sanctuaire d'où ils lancent leurs attaques contre l'Afghanistan et les troupes de l'Otan. Et, en violation des innombrables cessez-le-feu signés en l'échange de l'instauration de la charia dans les secteurs qu'ils contrôlent comme la vallée du Swat, ils progressent lentement mais sûrement vers Islamabad. Et donc de l'arme nucléaire En prenant le district de Buner courant avril, ils n'en étaient plus qu'à 100 kilomètres. Depuis, l'armée a repris en partie le dessus, obligeant les civils à fuir les combats.
En Afghanistan, la situation est évidemment mieux contrôlée grâce à la présence de l'Otan. Mais elle reste néanmoins très fragile, comme en témoigne les attentats-suicides quasi quotidiens. Les renforts prévus les mois à venir, avec le redéploiement des unités stationnées en Irak, devraient permettre d'améliorer le pouvoir d'Hamid Karzaï en vue de la présidentielle du 22 août.
Obama frustré
Face à ce constat, et même si Barack Obama a proclamé mardi son soutien aux deux présidents, Washington, qui a fait de l'axe afghano-pakistanais le cœur de la "guerre contre le terrorisme", commence à penser que ses deux alliés ne sont guère fiables. La relation avec Kaboul s'est néanmoins assagie depuis plusieurs semaines. Mais elle reste très tendue avec Islamabad. Le mois dernier, Hillary Clinton, la ministre des Affaires étrangères avait même parlé d"abdication" du président pakistanais face aux talibans après la signature de l'accord "paix contre charia". Plus modéré, Barack Obama se dit quant à lui grandement "préoccupé" par un gouvernement "très fragile" et incapable de fournir des services de base. Il aimerait désormais obtenir le retour sur investissement des Etats-Unis, qui ont encore renforcé leur aide financière à Islamabad.
Pour ne rien arranger, Hamid Karzaï et Asif Ali Zardari ont tendance à se méfier l'un de l'autre. Le premier soupçonne les services secrets pakistanais de ne rien de faire sérieux pour empêcher les talibans de mener leurs attaques contre ses territoires -ou, pire, de les aider en sous-main. Le second estime que le premier est trop proche de l'Inde, ennemi juré du Pakistan.








