Kim Jong-il, président nord-coréen (photo non datée, présentée par le régime) © DRPyongyang agitait la menace de représailles - et notamment celle d'un nouvel essai nucléaire - depuis sa condamnation le mois dernier à l'ONU à la suite d'un tir de fusée à longue portée au-dessus du Japon, début avril. La menace a été mise à exécution lundi, lorsque le régime communiste de la Corée du Nord a procédé à des essais souterrains et à trois tirs expérimentaux de missiles à courte portée. Et elle a été réitérée mardi sous la forme de deux nouveaux tirs de missiles dans une zone de la mer Jaune, qui avait été interdite aux bateaux au large du conté de Jungsan. Pyongyang semble avoir eu recours à des missiles terre-mer d'une portée de 160 km, qui utilisent une technologie basée sur celle des missiles chinois Silkworm. Bravant la vague de protestations suscitée par son essai nucléaire, et la condamnation de la violation de la résolution 1718 par un Conseil de sécurité unanime (y compris la Chine et la Russie, qui ont infléchi leur position habituelle de soutien à Pyongyang), la Corée du Nord a dénoncé en outre la politique hostile de l'administration de Barack Obama.
L'essai nucléaire qui inquiète le monde
La Corée du Nord a confirmé avoir procédé à deux nouveaux tirs de missiles courte portée. Des essais que de nombreux pays condamnent.
Publié le 25/05/2009
Alors que les ministres des Affaires étrangères d'Asie et de l'Union européenne réunis à Hanoï ont annoncé à leur tour mardi une condamnation commune, le président américain a réaffirmé "l'engagement sans faille" des Etats-Unis aux côtés de la Corée du Sud et du Japon pour assurer la paix et la sécurité en Asie du Nord-Est. Séoul a annoncé, ce qui pourrait ajouter à la tension, qu'il rejoindrait l'initiative de sécurité contre la prolifération, un dispositif lancé par le gouvernement de George W. Bush pour lutter contre le trafic d'armes de destruction massive. Pyongyang avait prévenu que la participation de la Corée du Sud à ce programme équivaudrait à une déclaration de guerre.
Rhétorique guerrière
L'agence de presse nord-coréenne KCNA a diffusé une dépêche pour stigmatiser la politique "hostile" des Etats-Unis, qui n'a pas changé selon Pyongyang depuis l'arrivée d'Obama à la Maison blanche et justifie ses efforts pour se bâtir un arsenal nucléaire. "Notre armée et notre peuple sont totalement prêts pour la bataille (...) contre toute tentative imprudente américaine de frappe préventive", a ajouté KCNA. Une rhétorique guerrière habituelle de la part du régime de Pyongyang mais qui peut dissimuler des préoccupations d'un autre ordre : pour les spécialistes, la Corée du Nord a choisi de procéder plus tôt que prévu à un essai nucléaire pour attirer l'attention de l'administration Obama et faire monter les enchères pour d'éventuelles négociations directes. De plus, le temps presse pour le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, qui chercherait ainsi à obtenir un accord avec les Etats-Unis et à améliorer la situation économique avant de confier la direction du pays à l'un de ses fils.
La Corée du Nord espère par ailleurs éviter un durcissement des sanctions qui la frappent en jouant sur un Conseil de sécurité hésitant. Il a d'ores et déjà promis de s'atteler rapidement à la rédaction d'une nouvelle résolution. Mais après la condamnation initiale de l'essai nucléaire de lundi, à laquelle se sont donc jointes la Russie et la Chine, le vote d'une résolution sera peut-être plus difficile à obtenir. Plusieurs membres du Conseil de sécurité ont plaidé pour le renforcement des sanctions imposées à la Corée du Nord. La Russie, soutien traditionnel de Pyongyang, et qui assume ce mois-ci la présidence tournante du Conseil de sécurité, juge également une réolution musclée "inévitable". Mais d'autres, à l'image de Pékin, pourraient opter pour une position plus prudente afin de tenter de maintenir en vie les "pourparlers à six" sur la dénucléarisation de la péninsule.
Avec agences
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