Kim Jong-il, le leader nord-coréen à Pyongyang. © TF1/LCIAprès l'annonce lundi d'un deuxième essai nucléaire condamné par le Conseil de sécurité de l'ONU, la Corée du Nord a procédé mardi et mercredi, selon des sources sud-coréennes, à des tirs de missiles, confortant les appels internationaux à des sanctions accrues contre elle. A New York, des diplomates ont cependant souligné que le Conseil de sécurité avait besoin "d'un peu de temps" pour mettre au point les termes d'une nouvelle résolution.
L'essai nucléaire qui inquiète le monde
La Corée du Nord a confirmé avoir procédé à deux nouveaux tirs de missiles courte portée. Des essais que de nombreux pays condamnent.
Publié le 25/05/2009
Et pendant ce temps, Pyongyang durcit sa rhétorique guerrière. La Corée du Nord a ainsi menacé mercredi la Corée du Sud d'une réponse militaire après l'adhésion de Séoul à l'Initiative de sécurité anti-prolifération. Séoul y avait jusqu'alors un statut d'observateur, mais le nouvel essai nucléaire et les lancements de missiles (6 jusqu'à présent) de son remuant voisin du nord ont précipité sa décision d'en devenir membre à part entière. Pyongyang a aussi rouvert un site de traitement de combustible nucléaire, selon la presse sud-coréenne. Enfin, le régime nord-coréen a affirmé n'être plus lié par l'armistice de 1953 ayant mis fin à la guerre de Corée, et a averti que la sécurité des navires sur sa côte ouest n'était plus garantie. "Tout acte hostile envers notre république, notamment le fait de stopper ou de perquisitionner nos navires...donnera lieu à une réponse militaire forte et immédiate", a prévenu l'armée nord-coréenne dans un communiqué cité par l'agence KCNA.
Des relations qui se détériorent depuis février
Le régime communiste de Pyongyang, pays le plus fermé du monde et habitué à rythmer ses relations avec les autres pays par des déclarations ultra-bellicistes, a souligné qu'à présent qu'il ne s'estime plus lié par l'armistice, "la péninsule coréenne va revenir à un état de guerre", annonçant dans un discours apocalyptique que "ceux qui nous ont provoqués vont devoir affronter une sanction sans pitié et inimaginable". Pour hypothétique qu'elle soit, cette menace de représailles hyperboliques n'en complique pas moins la tâche des Etats impliqués dans le difficile dossier coréen, alors que les relations entre les deux voisins, toujours officiellement en état de guerre depuis le sanglant conflit de 1950-53, se sont détériorées depuis l'arrivée au pouvoir à Séoul en février 2008 de Lee Myung-bak, régulièrement qualifié de "traître" par le régime nord-coréen. Rompant avec la ligne conciliante de ses prédécesseurs, Lee Myung-bak prône une ligne ferme envers le Nord et soumet notamment l'aide de son pays à des progrès tangibles dans le processus de dénucléarisation.
Les appels de diplomates occidentaux réclamant de nouvelles sanctions se multiplient, alors que, fait sans précédent, la Chine et la Russie, soutiens traditionnels de Pyongyang, se sont jointes lundi à la condamnation de l'essai nucléaire nord-coréen par le Conseil de sécurité. "L'adoption d'une résolution dure par le Conseil de sécurité de l'ONU est inévitable", a ajouté mardi une source diplomatique russe, tout en précisant que "la porte des négociations doit toujours rester ouverte". Mardi, les Etats-Unis ont particulièrement haussé le ton. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a appelé son homologue russe Sergueï Lavrov pour lui demander une réponde "rapide et unifiée" de la communauté internationale. Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates participera samedi à Singapour à une réunion avec ses homologues japonais et sud-coréen, au cours de laquelle le dossier nord-coréen sera évoqué.
Un journal favorable à Pyongyang, le Chosun Sibo, a répondu que des sanctions contre la Corée du Nord ne feront qu'attiser les tensions : "Peu importe le degré de pression", la Corée du Nord "ne changera jamais de cap". Il est vrai que le Conseil de sécurité avait déjà condamné le 13 avril un tir de fusée balistique effectué le 5 du même mois par la Corée du Nord, et renforcé le régime de sanctions mis en place à son encontre en 2006. En réponse à cette condamnation, Pyongyang avait annoncé son retrait des négociations à Six (Russie, Corée du Nord et Corée du Sud, Etats-Unis, Japon et Chine), l'arrêt de sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique et la réactivation de ses installations nucléaires.
D'après agence
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