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> Un touriste français enlevé à la frontière avec l'Iran
> Quels sont les pays à risques ?
Le rapt s'est produit dans une zone où opèrent à la fois des groupes séparatistes de l'ethnie baloutche, des combattants islamistes armés proches d'Al-Qaïda et des talibans d'Afghanistan, pays dont la frontière se trouve à 80 km des lieux de l'enlèvement. Un touriste français de 41 ans a été kidnappé samedi dans le Baloutchistan, dans le sud du Pakistan, par six hommes armés. Les ravisseurs ont laissé repartir cinq autres Français qui l'accompagnaient : deux femmes, deux enfants et un homme. L'enlèvement n'a pa
s encore été revendiqué. Les autorités françaises ont confirmé samedi l'information, indiquant qu'elles étaient "pleinement mobilisées", et rappelant qu'elles déconseillent fortement tout voyage touristique dans la zone. Ce conseil figure sur le site de conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères.
Les six Français, qui voyagaient depuis plusieurs mois, se trouvaient dans une zone réputée à très grands risques. Ils avaient quitté Quetta par la route pour se rendre en Iran, pays frontalier du Baloutchistan, selon la police de Dal Bandin, localité où les touristes laissés en liberté ont alerté les autorités. Les six hommes armés ont forcé leur voiture à s'arrêter à environ 200 km de la frontière iranienne et 80 km de la frontière afghane. Enlevant l'un des deux hommes, les assaillants ont ordonné aux autres de poursuivre leur route. Selon la police, les étrangers sont censés informer la police de leurs déplacements au Balouchistan mais les touristes français n'en avaient rien fait. "Ils se déplaçaient sans aucune escorte. Nous nous efforçons de récupérer au plus vite l'homme disparu."
Le Baloutchistan, une région extrêmement dangereuse
Ce kidnapping intervient près de deux mois après la libération d'un haut fonctionnaire américain de l'ONU, enlevé à Quetta, la capitale du Baloutchistan. Un mystérieux groupe séparatiste baloutche, le Front de libération uni du Baloutchistan (BLUF), avait revendiqué l'enlèvement et menacé plusieurs fois de tuer leur otage. Les ravisseurs avaient dit réclamer la "libération" de 1.109 personnes, dont 141 femmes, qui seraient, selon eux, détenues par les autorités pakistanaises. L'otage avait finalement été relâché par ses ravisseurs deux mois plus tard, le 4 avril, sans que l'on connaisse les conditions de sa libération.
Le Baloutchistan, une province riche en gaz naturel et en ressources minières, bordant l'Iran et l'Afghanistan, est en proie depuis 2004 à une rébellion armée menée par des rebelles séparatistes baloutches, qui a fait plusieurs centaines de morts. Ces groupes réclament un statut d'autonomie pour les tribus locales ainsi qu'un meilleur partage des revenus tirés des richesses naturelles de la province, qui reviennent au gouvernement central. Le Baloutchistan, en particulier les zones frontalières avec l'Afghanistan, abrite de nombreux repaires de talibans pakistanais, afghans et combattants d'Al-Qaïda. Ces insurgés enlèvent chaque fois qu'ils le peuvent des étrangers. Le géologue Piotr Stanczak, 42 ans, qui travaillait pour une compagnie polonaise de prospection géophysique, avait été capturé dans le nord-ouest du Pakistan en septembre 2008 et décapité par ses ravisseurs, des talibans pakistanais, le 7 février 2009.
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