L'attentat anti-français de Karachi en 2002 © TF1/LCIY-a-t-il une affaire d'Etat derrière l'attentat de Karachi en 2002 ? Longtemps attribué à Al Qaida, l'attentat avait tué 14 personnes dont 11 techniciens français qui travaillaient à la construction d'un sous-marin au Pakistan. Mais un mystérieux rapport évoque désormais une autre piste : celle d'une vengeance de responsables pakistanais sur fond de commissions occultes non payées. Au regard de ces nouvelles informations, le chef des députés PS Jean-Marc Ayrault a demandé au président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer (UMP) la création d'une mission d'information, a indiqué jeudi le groupe PS. "Sept ans après les faits, il est temps pour la représentation nationale de se pencher sur ces faits graves", écrit-il, après avoir déjà fait cette demande oralement la semaine dernière. "Le président Accoyer a dit qu'il répondrait la semaine prochaine", avait précisé Jean-Marc Ayrault mardi à la presse, ajoutant qu'il avait senti "un peu d'embarras" dans la réponse du président de l'Assemblée.
A l'origine de la demande, le député-maire PS de Cherbourg Bernard Cazeneuve a posé une question au gouvernement sur l'enquête sur l'attentat de Karachi contre la DCN. "Tout sera mis en oeuvre pour que la vérité soit enfin obtenue", avait répondu Rachida Dati, qui était encore garde des Sceaux. L'enquête, qui avait longtemps privilégié la piste islamiste, s'oriente vers un contentieux franco-pakistanais, sur fond de contrats d'armements et de présumées rétro-commissions qui auraient pu financer la campagne d'Edouard Balladur en 1995. L'enquête n'a pas apporté à ce jour "d'élément objectif" pour le relier à un contentieux franco-pakistanais en marge d'un contrat de fourniture de sous-marins, a affirmé lundi le parquet de Paris. "Toute la lumière doit être faite", a affirmé jeudi à l'Assemblée la nouvelle ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie.
La piste évoquée dès 2002
La DCN évoquait le contrat franco-pakistanais de vente de sous-marins dès sa constitution de partie civile en septembre 2002 comme mobile de l'attentat, mais sans faire référence à l'arrêt de commissions, ont indiqué jeudi des sources proches du dossier. Le 2 septembre 2002, le directeur de la branche internationale de la Direction des chantiers navals (DCN), Philippe Japiot, demandait par écrit au juge Jean-Louis Bruguière la constitution de partie civile de l'entreprise. "C'est à raison de l'exécution de ce contrat que les onze ingénieurs et techniciens ont été assassinés (...) et que douze de leurs collègues ont été gravement blessés", écrivait-il dans cette lettre révélée par Libération et que l'AFP a pu consulter.
"A travers les ingénieurs et techniciens, spécialistes dans le domaine de la construction de sous-marins, frappés le 8 mai 2002, c'est le coeur même et l'activité de DCN International qui étaient visées et, tout particulièrement, l'exécution du contrat du 21 septembre 1994", faisait valoir M. Japiot, qui devrait être entendu prochainement par les juges, selon une source proche du dossier. M. Japiot ne fait toutefois pas référence à l'arrêt de ces commissions dans la demande de constitution de partie civile et la DCN n'est pas ensuite revenue sur ce présumé mobile lors des auditions suivantes, selon cette même source proche du dossier. Cette source a relativisé la portée de cette lettre, rappelant que "la DCN est obligée de dire ouvertement qu'elle est victime pour que sa constitution de partie civile soit recevable".
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