L'image symbole du "Printemps de Pékin" : un homme défiant les chars sur la place Tiananmen (archives) © ReutersInhabituel, voire inédit. Un journal chinois, dans sa version anglaise, a publié jeudi un article sur le 20e anniversaire du "printemps de Pékin", mentionné comme "l'incident du 4 juin". "Vingt ans après l'incident de Tiananmen le 4 juin, la discussion publique sur ce qui s'est passé ce jour-là est quasiment absente de la société en Chine continentale", écrit le Global Times, filiale du Quotidien du Peuple, le journal du Parti communiste.
"C'est toujours un sujet sensible. Des universitaires, responsables et hommes d'affaires ont refusé d'être interviewés par le Global Times. Et des recherches avec incident du 4 juin sur les versions chinoises de Google, Baidu et Yahoo sont bloquées", ajoute l'article. Le journal souligne cependant, en citant des universitaires chinois, que le régime communiste a fait le bon choix il y a 20 ans, ce qui a permis à la Chine de devenir la troisième puissance économique mondiale. "En analysant un événement historique comme le 4 juin, on se perd si on reste englué dans les détails", a estimé Jiang Lingfei, professeur à l'Institut des études stratégiques à l'Université de la défense nationale. "En replaçant ce qui s'est passé dans un contexte général, on aura une image plus nette", a-t-il ajouté.
La place interdite aux journalistes
Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les militaires avaient mis fin à sept semaines de mouvement démocratique à Pékin, dont l'épicentre se situait sur la place Tiananmen. Aucun bilan officiel n'a été donné, la municipalité de Pékin parlant de 241 morts, mais pour les organisations de défense des droits de l'homme, il serait plus lourd. Le Global Times, spécialisé dans les affaires internationales, s'est distingué l'année dernière par ses attaques contre certains médias étrangers, accusés de présenter une image "biaisée" de la Chine. Dans sa version en anglais lancée en avril, qui reprend certains des articles du journal en chinois et vise à faire entendre la voix de la Chine dans le monde, le Global Times n'hésite pas à aborder des sujets sensibles, comme la corruption.
Jeudi matin, la place Tiananmen était ouverte au public, mais quadrillée par des centaines de membres des forces de l'ordre empêchant les journalistes d'y travailler. Touristes et promeneurs arpentaient la vaste esplanade en nombre habituel. Peu semblaient avoir suivi l'appel de la dissidence en exil à se vêtir de blanc, couleur du deuil en Chine. Un journaliste de l'AFP-TV a été sommé d'effacer son film après avoir pris des images des forces de sécurité. Un photographe de l'AFP s'est vu intimer l'ordre de quitter la place.
D'après agence
Bisbille entre Clinton et Pékin |
Le torchon brûle entre Hillary Clinton et Pékin. La Chine accuse d'ingérence les Etats-Unis, qui ont demandé à Pékin de fournir une version publique de ce qui est arrivé aux victimes et aux disparus de la répression du "printemps de Pékin". La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a estimé mercredi que la Chine "devrait se pencher ouvertement sur les événements sombres de son passé et fournir une version publique de ceux qui ont été tués, arrêtés ou qui ont disparu, à la fois pour en tirer les leçons et guérir les plaies". Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a jugé jeudi que cette déclaration constituait "une ingérence grossière dans les affaires intérieures chinoises". "La déclaration des Etats-Unis ignore les faits et avance des accusations sans fondement contre le gouvernement chinois", a ajouté Qin Gang. "Ce 20e anniversaire fournit l'occasion aux autorités chinoises de libérer de prison tous ceux qui continuent de purger des peines liées aux événements du 4 juin 1989", avait déclaré Hillary Clinton. |
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