A Urumqi, la police a tiré pour repousser des Ouïghours, faisant au moins deux morts. © TF1/LCIDeux Ouïgours ont été tués lundi après-midi par la police chinoise à Urumqi, chef lieu de la province occidentale du Xinjiang, où des affrontements ethniques ont fait 184 morts la semaine dernière selon le bilan officiel, rapporte les médias officiels. Selon l'agence Chine nouvelle, les policiers ont ouvert le feu sur un groupe de trois personnes qui tentaient d'agresser un quatrième Ouïgour. Le troisième agresseur présumé a été blessé. Les violences du 5 juillet entre Hans et Ouïgours, communauté musulmane et turcophone qui représente près de la moitié de la population du Xinjiang, ont fait 184 morts, selon le bilan officiel: 137 étaient Hans, 46 étaient Ouïgours et une dernière victime appartenait à l'ethnie Hui, musulmane et culturellement proche des Hans.
Mardi, des milliers de Hans criant vengeance ont attaqué des quartiers ouïgours d'Urumqi dont de nombreux habitants ont signalé de nouveaux décès, mais aucun bilan n'a été communiqué ce jour-là. La presse officielle a réaffirmé lundi que les récentes manifestations qui ont eu lieu devant les représentations chinoises d'Europe et des Etats-Unis après les émeutes montrent que ces affrontements ethniques étaient pilotés de l'étranger. Des manifestants ont jeté des oeufs, des cocktails molotov ou des pierres sur plusieurs ambassades ou consulats de Chine en Europe, notamment à Oslo, Munich, Ankara ou aux Pays-Bas.
Climat sécuritaire
"Les partisans des séparatistes du Turkestan oriental se sont livrés à des attaques bien orchestrées et parfois violentes des ambassades et des consulats chinois dans plusieurs pays, peu après les émeutes", écrit l'agence Chine nouvelle. "Les attaques de missions diplomatiques chinoises et les émeutes d'Urumqi semblent bien organisées", ajoute l'auteur de la dépêche. Pékin impute les troubles à Rebiya Kadeer, présidente du Congrès mondial ouïgour (CMO), qui vit en exil à Washington. Selon Chine Nouvelle, cette femme de 62 ans, "qui entretient des relations étroites avec des organisations terroristes, a téléphoné à son frère avant les émeutes du Xinjiang, 'prédisant' que 'quelque chose d'énorme allait se produire'". A Urumqi, où les forces de sécurité restent omniprésentes, entreprises et commerces rouvrent progressivement.
"De manière générale, les choses reviennent lentement à la normale. Je pense que la situation s'améliore et qu'elle est maîtrisée", déclare un habitant Han. Les Ouïgours, eux, font toujours part de leurs craintes et de leur frustration, à l'instar de ce diplômé d'université qui n'a trouvé d'autre travail qu'un emploi de vigile. "Regardez autour de vous, 90% des commerces sont tenus par des Hans. Tout ce que je peux faire, c'est trouver un boulot de vigile. Les Hans ici ne parlent même pas ouïgour", témoigne-t-il sous le sceau de l'anonymat.
Preuve du climat sécuritaire régnant à Urumqi, la police a décidé d'interdire tout rassemblement dans les rues et les lieux publics de la ville, rapporte Chine nouvelle. Toute personne qui ne sera pas en mesure de présenter une carte d'identité ou un permis de conduire sera par ailleurs arrêtée aux fins d'interrogatoire. "Plusieurs facteurs d'instabilité existent toujours et la tâche de maintien de la stabilité est ardue", a déclaré Zhou Yongkang, ministre chinois de la Sécurité de l'Etat, en visite à Urumqi. "La lutte contre le séparatisme et le terrorisme dans la région est une mission difficile et de long terme."
(D'après agence)
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