Randall Bennett : "C'était bien Al-Qaïda"

Par Michel SCOTT (TF1), le 07 juillet 2009 à 14h22 , mis à jour le 07 juillet 2009 à 17h25

Contacté par TF1, l'enquêteur américain de l'affaire Daniel Pearl dément avoir jamais évoqué un lien entre l'attentat de Karachi et le non respect d'un contrat d'armement.

L'attentat anti-français de Karachi en 2002L'attentat anti-français de Karachi en 2002 © TF1/LCI

Quelques jours après l'attaque du 8 mai 2002 contre le bus des ingénieurs français de la DCN à Karachi, le procureur Michel Debacq, en charge du pôle anti-terroriste, s'installe au consulat de France dans la mégapole pakistanaise. Il reçoit alors Randall Bennett, responsable du service de sécurité diplomatique de l'ambassade américaine. L'homme est en charge de l'enquête sur l'assassinat de Daniel Pearl, le journaliste du Wall Street Journal, égorgé 4 mois plus tôt par une cellule islamiste à Karachi. Depuis lors, il travaille main dans la main avec la police pakistanaise. Le 8 mai, il est ainsi l'un des premiers sur les lieux de l'attentat. Il vient ensuite proposer sa collaboration aux Français.

Récemment, son témoignage a été présenté (Libération du 25 juin 2009) comme un élément accréditant la thèse des représailles exercées contre la France après l'arrêt du versement des commissions promises dans le contrat des sous-marins Agosta.

"Jamais entendu parler de cette thèse"
 
Nous avons retrouvé Randall Bennett. Après avoir été affecté à Bagdad, il est maintenant en poste en Thaïlande. Lorsque nous lui demandons de confirmer ses déclarations de l'époque, voici ce qu'il nous répond. "Il est vrai que j'ai rencontré des responsables d'enquête français et que j'ai suivi cette affaire avec la police pakistanaise, en partie à la demande des autorités françaises d'ailleurs. Mais je n'ai jamais dit à qui que ce soit que cet attentat n'était pas lié à Al-Qaïda et qu'il y avait un lien avec le non-respect d'un contrat. Je n'ai même jamais entendu parlé de cette thèse. C'était bien Al- Qaïda".

Après l'attentatRandall Bennett supervise avec les officiers pakistanais la première collecte d'éléments pour l'enquête à venir. Il ne sait pas si les Français ont pris en compte son témoignage. Une chose est sûre en revanche : il garde un mauvais souvenir de son rapport avec les hommes qu'il a rencontrés. "J'ai été interrogé pendant plusieurs heures et j'ai fait une déclaration formelle. Les Français que j'ai rencontrés étaient arrogants avec moi. J'avais moi-même aidé à sortir les corps de citoyens français de ce bus, en essayant de sauver des vies. Mais au lieu de recevoir des remerciements, j'ai presque été traité comme un suspect par ces messieurs... J'ai alors décidé de ne plus les aider".

Explosif contre revendications
 
Ce n'est donc visiblement pas de ce côté que le dossier du juge Trévidic, désormais en charge de l'enquête, va s'épaissir. Reste l'explosif de type militaire utilisé contre le bus des Français, et le fait que les deux principaux suspects islamistes emprisonnés jusque-là ont bien été relaxés le 5 mai dernier, réduisant à néant la piste djihadiste.

Mais un élément encore accrédite la piste islamiste, et c'est Louis Caprioli, à l'époque n°2 de la DST qui nous le rappelle : Le 12 novembre de cette même année 2002. Oussama Ben Laden a en effet revendiqué nommément, entre autres, celui qui a visé 6 mois plus tôt les employés de la DCN. Or, à ce jour, l'homme le plus recherché du monde ne s'est jamais attribué la paternité d'actions que les cellules d'Al Qaïda n'avaient pas elles-mêmes commises.

Par Michel SCOTT (TF1) le 07 juillet 2009 à 14:22
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5 Commentaires

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  • Sarko, le 08/07/2009 à 12h31

    Information, desinformations, voila la nouvelle real politique .. Dormez citoyen l'etat veille sur vous ... enfin presque ... ca depend ou se trouve l'interet des politiciens ... sacrifier quelques dizaines d'anonymes n'est pas un pb ... camoufler la verité ? un jeu d'enfant, il suffit des 2 mots magiques : "secret militaire" et voila plus d'enquete, plus de juges, plus rien ...

  • Lio, le 08/07/2009 à 08h53

    Et pourquoi ce serait pas une solution intermédiaire ? à savoir que les services pakistanais auraient volontairement relachés leur surveillance pour permettre à al-quaïda de frapper, vu qu'à cette époque, les services pakistanais marchaient main dans la main avec al-quaïda.

  • Jean Jacques, le 08/07/2009 à 07h31

    Bien sur, bien sur, quand on sait comment fonctionne les services secrets us dans la recherche du renseignement sa laisse dubitatif, laissons faire la justice française et qu'elle soit faite et bien faite, que les politiques soit mis en face de leurs responsabilitées.

  • Phil, le 08/07/2009 à 04h45

    Etant donné sa position le temoignage de randell est sujet a caution , c est le moins qu on puisse dire la these pakistanaise ne plait a aucun gouvernement occidental

  • Laure, le 07/07/2009 à 21h13

    Bien sûr, on va maintenant chercher des témoignages en faveur de la thèse de l'Etat français, c'est classique ! Car cette histoire devient de plus en plus gênante pour certains.

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