Barrage de police à Kaboul après l'attaque à la roquette contre la présidence, le 18 août 2009 © TF1/LCIA deux jours d'une élection présidentielle à haut risque, les talibans resserrent leur étau sur Kaboul. Ils ont ainsi frappé la capitale afghane à trois reprises mardi matin : une roquette s'est ainsi abattue sur le palais présidentiel et une seconde a touché le quartier général des forces de police. Selon la police, aucun des deux projectiles n'a fait de victimes, la première roquette ayant simplement fait des dégâts au siège fortifié de la présidence.
Surtout, un peu plus tard, un attentat suicide a été perpétré sur l'une des artères principales de l'Est de la ville. Il visait un convoi de l'Otan. Plusieurs militaires ont été tués ainsi qu'au moins sept civils afghans, dont deux employés de l'ONU. Il s'agit de la deuxième attaque suicide en trois jours à Kaboul contre l'Isaf.
Bureaux de vote menacés
Les talibans ont promis de perturber le déroulement de l'élection présidentielle. Les Afghans sont appelés jeudi aux urnes pour la deuxième élection présidentielle de leur histoire, dans un climat de peur face aux menaces d'attaques des talibans, qui risquent d'alimenter une forte abstention, et à l'issue d'une campagne à l'intensité politique inédite.
Le président sortant Hamid Karzaï est donné favori, mais la campagne dynamique de son ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah pourrait mener à un second tour, selon les analystes. Quelque 17 millions d'Afghans sont appelés à se rendre dans les 7000 bureaux de vote où se tiendront également des élections provinciales, protégés par 300.000 policiers et soldats afghans et étrangers. Les scrutins sont en effet menacés par l'insécurité persistante et les attaques des rebelles talibans, qui ont déclaré dimanche qu'ils n'hésiteraient pas à s'en prendre aux bureaux de vote. Les rebelles considèrent ces élections comme "une imposture orchestrée par les Américains", moteurs de la coalition militaire internationale qui les a chassés du pouvoir à la fin 2001.
La veille, ils avaient prouvé l'impossibilité pour les autorités et les forces internationales de sécuriser les élections en commettant un attentat suicide à la voiture piégée contre le quartier général de l'Otan à Kaboul. Les rebelles ont gagné du terrain depuis trois ans, jusqu'à exercer une influence plus ou moins importante sur près de la moitié du pays selon les observateurs, et les violences ont atteint des niveaux records depuis 2001. La Commission électorale afghane estime que près de 12% des 7000 bureaux de vote pourraient rester fermés à cause de l'insécurité.
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