Mort de Cory Aquino, l'héroïne de la démocratie

le 01 août 2009 à 11h05 , mis à jour le 01 août 2009 à 11h15

Combattante de la démocratie et victorieuse du dictateur Marcos à la faveur d'un mouvement populaire, Corazon Aquino, première femme à la tête des Philippines, s'est éteinte à 76 ans.

Corazon Aquino, première femme à la tête des PhilippinesCorazon Aquino, première femme à la tête des Philippines © TF1/LCI
L'ancienne présidente des Philippines Corazon Aquino, héroïne de la révolution de 1986 contre le régime de Ferdinand Marcos, est décédée samedi après une lutte de seize mois contre un cancer du colon. Agée de 76 ans, Aquino avait appris sa maladie en mars de l'an dernier et elle avait subi une chimiothérapie et une opération.
La présidente Gloria Arroyo, actuellement en visite aux Etats-Unis, a décrété un deuil national de dix jours et déclaré dans un message : "Aujourd'hui, les Philippines viennent de perdre un trésor national. Elle a contribué à ce que notre nation connaisse des jours meilleurs". Corazon Aquino était entrée, contre son gré, en politique le 21 août 1983, jour de l'assassinat de son mari Benigno "Ninoy" Aquino, à l'aéroport de Manille alors qu'il rentrait, en dépit des menaces de mort contre lui, d'un exil de trois ans aux Etats-Unis ; à l'issue d'une longue bataille, elle était devenue la première femme à accéder aux responsabilités de chef d'Etat en Asie. La famille d'Aquino ne souhaite pas de funérailles nationales et compte l'inhumer dans l'intimité mercredi, aux côtés de son mari Benigno, a déclaré leur fils.
Exil et conséquences
Née le 25 janvier 1933 à Manille, Corazon Cojuangco avait été élevée dans une école religieuse avant d'obtenir un diplôme de mathématiques et de français au College Mount Saint-Vincent de New-York, aux Etats-Unis, où elle avait acquis une connaissance intime de ce pays, ancienne puissance coloniale des Philippines. Adepte de jardinage, des bonsaïs, cette catholique fervente s'occupait, avant son entrée dans la vie publique, assidûment de ses cinq enfants, et servait café et gâteaux aux amis politiques de son mari, dévoré alors d'ambition.

Elle revint à Manille pour suivre des cours de droit en 1954, année où elle épousa Benigno Aquino, lui aussi héritier d'une grande famille, et auréolé d'exploits journalistiques pendant la guerre de Corée. Héritière de l'un des clans les plus puissants des Philippines, les Cojuangco, d'origine chinoise, grands barons de la terre, du sucre et de l'agro-alimentaire, elle devint le chef de famille dès 1972 lorsque Ferdinand Marcos décréta la loi martiale et emprisonna immédiatement son principal rival, Benigno Aquino, pour l'empêcher d'accéder à une présidence que lui, Marcos, n'avait plus constitutionnellement le droit de briquer.
Les échecs de la présidence de Corazon Aquino
Les huit années de prison puis d'exil qui suivirent changèrent du tout au tout Benigno, mais surtout Corazon. Elle devint intransigeante sur le rétablissement des institutions démocratiques, légaliste jusqu'à l'extrême, souffrant de voir son pays aux prises avec les assassinats inexpliqués, les exactions et les violations répétées des droits de l'Homme. Une évolution qui la conduisit à prendre le pouvoir le 25 février 1986, à l'issue de plusieurs journées de révolte du peuple, rejoint par une partie de l'armée, après une victoire électorale de Marcos, entachée de fraudes.
Mais la présidence de Cory Aquino devait être marquée par au moins six coups d'Etat militaires ratés et des désordres politiques. Elle échoua surtout à changer un système politique clanique dominé par une élite issue de grandes familles.
D'après agence
le 01 août 2009 à 11:05
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4 Commentaires

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  • Vera, le 04/08/2009 à 06h35

    Michel, vous confondez avec Imelda Marcos. Corazon Aquino etait une grande dame de la politique qui a recupere un pays en mauvais etat.

  • Maksene mohamed, le 02/08/2009 à 00h14

    Le roi est mort vive le roi. c'est ça les pays de dictature il n'ya que corruption et trafic de tout genre. les peuples vivent la grande misére et pourtant certaains pays sont trés riches.

  • Maksene mohamed, le 02/08/2009 à 00h11

    Pas facile de présider un pays comme les philippines gangréné par la corruption des généraux militaires comme ça se passe dans tous les pays du tiers-monde méme les soit disant pays musulmans qui n'ont rien de musulmans.

  • Michel, le 01/08/2009 à 18h33

    Que va devenir sa superbe collection de chaussures? On connait tous son amour pour les "pompes". Adieu Madame.

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