La seconde mort de l'ennemi public n°1

le 17 septembre 2009 à 10h47 , mis à jour le 17 septembre 2009 à 10h50

Noordin Mohammed Top, considéré comme le chef d'un groupe proche d'Al Qaïda, aurait été abattu lors d'un raid anti-terroriste. Sa mort avait déjà été annoncée par erreur en août.

Noordin Mohammed Top, "ennemi public n°1" en IndonésieNoordin Mohammed Top, "ennemi public n°1" en Indonésie © TF1/LCI

Le siège a duré plusieurs heures avant que la police indonésienne ne donne l'assaut. La maison, située au milieu des plantations dans un village proche de Solo, ville du centre de l'île de Java considérée comme une place forte de l'islam radical, a été attaquée à l'explosif, puis les forces de sécurité ont investi les lieux. A l'intérieur, elles ont retrouvé quatre corps, dont l'un serait l'homme le plus recherché d'Indonésie, Noordin Mohammed Top. Décapité et très endommagé par l'une des déflagrations, son cadavre n'a pu être immédiatement identifié avec certitude, mais un responsable de la force anti-terroriste s'est déclaré certain "à 90%" qu'il s'agissait bien de lui. A côté de lui gisaient deux de ses complices présumés, Bagus Budi Pranoto, alias Urwah, et Maruto.

Le corps a été transporté à Jakarta pour y être examiné et formellement identifié. Une précaution indispensable car la mort de Noordin Top avait déjà été annoncée, par erreur, par les médias indonésiens lors d'une précédente opération policière menée en août. Cette fois, a assuré le chef de la police indonésienne, il n'y a pas eu de confusion... mais les résultats de l'identification n'ont pas encore été dévoilés.

Le spectre de l'attentat de Bali

De nationalité malaisienne, Noordin Top, 41 ans, est considéré comme l'un des "cerveaux" de la vague d'attentats attribués au réseau Jemaah Islamiyah ayant frappé l'Indonésie au début de la décennie. Le plus meurtrier avait tué 202 personnes, pour la plupart des touristes, sur l'île de Bali en 2002. Après quatre années de calme, la traque du Malaisien avait repris de plus belle après le double-attentat suicide qui a fait neuf morts, dont les deux kamikazes et six étrangers, dans les hôtels Marriott et Ritz Carlton de Jakarta le 17 juillet. Depuis lors, la police a démantelé une partie de son réseau, tuant trois militants et interpellant notamment un religieux soupçonné d'avoir organisé le financement des attentats.

La confirmation de cette disparition, mais aussi de la mort des complices de "l'ennemi public n°1", porterait un rude coup au réseau terroriste organisé par le Malaisien. Selon un expert du terrorisme en Asie du Sud-Est, les proches de Noordin Mohammed Top, Maruto et Urwah, sont respectivement des spécialistes de la fabrication de bombes et du recrutement.

Avant le double attentat de juillet à Jakarta, l'Indonésie avait réussi, ces dernières années, à ne plus apparaître comme un pays à hauts risques terroristes après avoir porté de rudes coups aux mouvements islamistes clandestins avec le soutien des Etats-Unis et de l'Australie. Le recours à la violence est dénoncé par la grande majorité des 235 millions d'habitants du plus grand pays musulman du monde. Mais il est promu par une frange ultra-minoritaire inspirée par l'idéologie salafiste et qui serait financée, selon des experts, par des mouvements du Moyen-Orient.

D'après agence

le 17 septembre 2009 à 10:47
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