Manifestations croisées des "rouges" et des "jaunes"

le 19 septembre 2009 à 15h16 , mis à jour le 19 septembre 2009 à 16h56

Les "chemises rouges" et "chemises jaunes", qui s'affrontent depuis des années, ont organisé samedi des manifestations à Bangkok et dans le nord-est du pays.

bangkok thaïlande manifestationImage d'archivbe - Manifestation pro-gouvernementale à Bangkok, en novembre 2008. © TF/LCI

Les "chemises rouges" et "chemises jaunes", qui s'affrontent depuis des années dans la rue et sur l'échiquier politique thaïlandais, ont organisé samedi des manifestations croisées à Bangkok et dans le nord-est du pays, à la frontière cambodgienne. Selon les forces de l'ordre, les "rouges", favorables à l'ex-Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, étaient entre 18.000 et 20.000 dans le centre de la capitale pour commémorer le 3e anniversaire du coup d'Etat contre leur leader aujourd'hui en exil, et réclamer le départ du Premier ministre, Abhisit Vejjajiva.
 
Quelque 5.000 "jaunes" ont tenté quant à eux d'accéder au temple de Preah Vihear, dans une zone disputée par la Thaïlande et le Cambodge, où les dernières tensions en avril avaient fait au moins deux morts et dix blessés entre soldats des deux pays. Des dizaines de personnes ont été blessées, dont au moins 20 hospitalisées, après des affrontements entre villageois et membres de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD, royalistes), à quelques kilomètres du site. Les autorités voulaient les empêcher d'accéder à ce temple du XIe siècle de peur de relancer avec Phnom Penh des tensions qui ont éclaté en juillet 2008, lorsqu'il a été inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. A la nuit tombée, un accord a pu mettre fin à la manifestation, selon lequel trente manifestants liraient dimanche une déclaration à proximité du temple.
 
Thaksin  appelle à la "réconciliation nationale"

Le coup d'Etat du 19 septembre 2006 a plongé la Thaïlande dans une crise politique sans fond, chaque camp tentant depuis de renverser dans la rue le gouvernement issu de la coalition adverse. Le Premier ministre a fait appel à environ 9.000 soldats et policiers pour protéger les bâtiments-clés du pouvoir. Une manifestation des "rouges" avait dégénéré en avril dernier, provoquant la mort de deux personnes. Cette fois, ils avaient promis un rassemblement pacifique.

Dans une intervention par vidéo-conférence, Thaksin lui même a une nouvelle fois appelé à la "réconciliation nationale", demandant aux forces politiques "de se tourner les unes vers les autres" pour éviter que le pays, en grandes difficultés sur le plan économique, ne sombre dans l'échec. "Aujourd'hui, je tue le temps en attendant que les chemises rouges me fassent rentrer à la maison", a-t-il ajouté en réclamant des élections. Le gouvernement avait auparavant exprimé des craintes que les deux rassemblements dérapent, évoquant le risque posé par des groupuscules non identifiés, notamment pendant la nuit.

"J'ai demandé aux responsables de (...) contrôler étroitement les mouvements de ces groupes. Je suis inquiet pour ce soir et j'ai prévenu les agences de renseignement", avait déclaré le Premier ministre, évoquant aussi des risques d'attentats organisés par une tierce partie dans la capitale. Abhisit doit quitter le pays dimanche pour assister à l'Assemblée générale des Nations unies, une situation qui rappelle celle de Thaksin en 2006, renversé par un coup d'Etat militaire alors qu'il était précisément à l'ONU. Le puissant chef de l'armée de terre, Anupong Paojinda, a dû démentir vendredi les rumeurs de coup d'Etat contre l'actuel chef du gouvernement. Ce dernier a vu sa position politique très affaiblie depuis plusieurs semaines par une controverse au sein de son propre camp sur la nomination d'un nouveau chef de la police. La décision a finalement été reportée sine die.

le 19 septembre 2009 à 15:16
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