Soldats américains en Afghanistan © Reuters/O. PopovRenforts ou non ? Partir ou rester ? Les dirigeants des pays engagés en Afghanistan doivent faire face à un dilemme. Face à une opinion publique de plus en plus opposée à l'intervention contre les talibans, ils doivent prendre en compte les demandes des militaires sur place.
Or pour le général McChrystal, commandant en chef des forces américaines et de l'Otan dans le pays, la situation est simple : s'il ne reçoit pas de renforts, la guerre sera perdue. Sa conclusion était censée rester confidentielle . Mais son rapport de 66 pages, destiné à Robert Gates, le ministre de la Défense, et à Barack Obama, a fait l'objet d'une "fuite" pour atterrir sur les bureaux du Washington Post et du New York Times.
L'Italie sur le départ ?
"Echouer à reprendre l'initiative et à mettre un terme à l'actuelle offensive des insurgés à court terme -en attendant que les capacités de sécurité afghanes murissent- risque de nous amener à une situation où il ne serait plus possible de vaincre", écrit le général McChrystal. Il souligne surtout que la mission a "manqué de ressources dès le départ" et "continue d'en manquer". Faute de moyens supplémentaires, la coalition risque "un conflit plus long, plus de victimes, des coûts plus élevés et, au final, une érosion cruciale de soutien politique. Chacun de ces risques (...), peut entraîner un échec probable de la mission", prévient-il. Il ne fait néanmoins pas de demande chiffrée -62.000 soldats américains sont actuellement présents, aux côtés de 38.000 alliés.
Cette demande intervient à un moment critique. Après la bavure de Kunduz -des civils tués dans une frappe ordonnée par un officier allemand-, l'intervention devient de plus en plus impopulaire en Europe. Et après la mort de six soldats italiens la semaine dernière, Silvio Berlusconi souhaite désormais faire rentrer ses troupes au plus vite.
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