Talibans prisonniers de l'armée pakistanaise, à Dir, septembre 2009 © LCI.frMichel Scott est actuellement en reportage au Pakistan avec une équipe de TF1. Il livre son carnet de route pour LCI.fr.
Lashkar, la milice qui se révolte
contre les talibans
Mercredi 9 septembre :
Après les talibans,
Swat panse ses blessures
Vendredi 11 septembre :
Malgré les talibans, l'école continue à Swat
Quatrième carnet de route : lundi 14 septembre
Ils sont détenus par les hommes du Frontier Corps de Temargara, dans la région de Dir, l'un des secteurs repris aux insurgés cet été. Ils sont 40. Bien alignés, la tête baissée, ils se suivent en colonne vers le jardin où l'on nous les présente. 40 talibans prisonniers. Le résultat d'une traque qui a duré tout l'été. Certains ont été capturés, d'autres se sont rendus. Mais tous savent que l'armée pakistanaise les expose comme des trophées censés signifier leur déroute et la victoire totale des forces fédérales.
Deux chefs notamment sont désignés : Abdul Salam et Jenat Gul. L'un et l'autre baissent le regard. Ils sont d'une minceur qui laisse apparaître le contour d'une ossature anguleuse et le mode de vie spartiate de ces activistes voués à une existence éphémère. Le premier nous dit regretter le combat dans lequel il s'est engagé. Il affirme n'avoir tué personne. L'autre prétend également renier ses convictions passées. Et que pensent-ils des écoles détruites, des kidnappings ? "C'était de mauvaises actions, nous n'aurions pas dû le faire", lâche simplement Abdul Salam.
"Pendus haut et court" ?
Le Major Ilyas, qui nous accompagne, nous enjoint d'emblée de ne pas nous fier à leurs réponses. "Tous sont d'authentiques extrémistes qui ont du sang sur les mains", assène-t-il.
"Ces deux-là ont même fait décapiter des gens, des civils innocents de la région. Tous les autres ont usé de méthodes terroristes contre les forces de sécurité, notamment en disséminant des IED (ndlr : mines artisanales) sur les routes...", ajoute-t-il. 
L'équipe de TF1
filmant des talibans prisonniers
de l'armée pakistanaise,
septembre 2009
Nous savons la limite de l'exercice qui consiste à interviewer des détenus sous le regard de leurs gardiens. Dans le cas d'espèce, les prisonniers ont tout intérêt à minimiser leur rôle. Mais les tribunaux civils qui devraient les juger devraient être assez peu sensibles à ce mode de défense. Abdul Salam et Jenat Gul seront certainement pendus haut et court, prédit d'ailleurs le major Ilyas.
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