Les opérations militaires à Rawalpindi en pleine prise d'otages de soldats et de civils par des milices islamistes (10 octobre 2009) © TF1/LCIL'attaque a été annoncée samedi matin par un bref communiqué de l'armée pakistanaise. Elle évoquait alors une tentative d'assaut contre son quartier général près d'Islamabad - tentative menée par des hommes portant des uniformes de militaires, apparemment repoussée, et sans mention de victimes. Mais au fil des heures, l'ampleur réelle de l'offensive, bientôt suivie par tous les médias du pays, se dévoilait avec l'annonce des premières victimes, dont le nombre ne tardait pas à croître. Dans les violents combats ayant suivi, plus d'une heure durant, cette tentative d'infiltration au sein du QG, six militaires ont perdu la vie, dont un général de brigade et un colonel, selon des responsables des forces de sécurité.
Puis l'armée a dû reconnaître samedi soir que les opérations étaient toujours en cours, avec une prise d'otages de 33 militaires et civils employés par l'armée dans un bâtiment jouxtant le QG de la plus puissante institution pakistanaise. Finalement, c'est seulement dimanche matin que cette attaque a pris fin, sur un bilan très lourd. L'assaut final a été donné à l'aube, quelques secondes avant que les premiers muezzins n'appellent à la prière du matin. Trente otages ont été libérés mais trois ont perdu la vie et deux soldats ont péri, tandis que quatre ravisseurs ont été tués. Le cinquième assaillant, blessé, a été capturé quatre heures après le début de l'assaut. Au final, au cours de ces 24 heures de combats, huit militaires, trois otages et huit assaillants auront été tués.
Un assaut très médiatisé au Pakistan
L'armée a dénoncé une attaque du Mouvement des Talibans du Pakistan, qui a fait allégeance à Al-Qaïda et combat Islamabad pour son alliance avec Washington dans sa "guerre contre le terrorisme". Ce groupe, dont le fief se trouve dans les zones tribales du nord-ouest frontalières avec l'Afghanistan, a d'ailleurs revendiqué l'attaque, selon plusieurs chaînes de télévision. Par crainte de nouvelles attaques, la sécurité avait pourtant été renforcée à Islamabad et dans la ville-garnison de Rawalpindi, déjà transformées depuis de longs mois en véritables camps retranchés, constellés de check-points de la police et de l'armée. Car le nouveau chef du TTP, Hakimullah Mehsud, a juré de multiplier les attaques contre "l'Amérique et le Pakistan" pour venger la mort de son prédécesseur Baïtullah Mehsud.
Ce dernier avait été tué le 5 août par un des nombreux missiles tirés par les drones américains qui s'abattent très fréquemment sur les zones tribales, visant les cadres d'Al-Qaïda et des talibans afghans et pakistanais. Et, sous la pression intense de Washington, l'armée pakistanaise a lancé récemment des offensives dans le nord-ouest. Mais les insurgés islamistes liés à Al-Qaïda ont eux-mêmes intensifié ces derniers temps une vague d'attentats - essentiellement suicide - qui a fait déjà plus de 2200 morts en plus de deux ans. Samedi et dimanche, ils ont démontré qu'ils avaient la capacité de frapper au coeur même du dispositif le plus sécurisé de ce pays, seule puissance nucléaire militaire avérée du monde musulman. Près de 24 heures durant, ils ont tenu en haleine le pays dans cette attaque suivie d'une longue prise d'otages.
Ces derniers jours, les collaborateurs du président américain Barack Obama ont signifié que sa nouvelle stratégie pour le conflit en Afghanistan ferait une place importante au Pakistan, son porte-parole Robert Gibbs soulignant que "la plupart, sinon presque tous" les membres du réseau d'Oussama ben Laden qui chercheraient à s'en prendre à nouveau aux Etats-Unis étaient au Pakistan.
D'après agence
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