Hamid Karzaï, président aghan, en août 2009 © REUTERSHamid Karzaï sera-t-il contraint d'en passer par un second tour ? Alors que les résultats définitifs de la présidentielle afghane n'ont pu être annoncés depuis la tenue du scrutin, en raison d'accusations récurrentes de fraudes massives, des résultats préliminaires créditent le président afghan sortant de 54,6% des suffrages. Pour que ce score passe sous le seuil des 50%, nécessaire pour être élu au premier tour, il faudrait que plus de 250.000 bulletins soient invalidés.
Ce lundi, la Commission afghane des plaintes électorales (ECC) a rendu public son rapport sur les fraudes. Elle a fait état de "preuves claires et convaincantes" corroborant les accusations dans un certain nombre de bureaux de votes répartis à travers le pays, et a ordonné à la Commission indépendante électorale (IEC), qui annoncera le résultat final en prenant en compte les ordres de l'ECC, "d'invalider un certain pourcentage des voix de chaque candidat".
"Karzaï n'est pas prêt à accepter ce résultat"
En l'état, la commission des plaintes électorales a ordonné l'invalidation des bulletins de 210 bureaux de votes. Reste à savoir combien de bulletins sont concernés... "Nos informations sont que Karzaï est tombé à 47 ou 48% et qu'il y aura un second tour. Mais Karzaï n'est pas prêt à accepter ce résultat", a indiqué le porte-parole de campagne du rival de Karzaï, Abdullah Abdullah. Tout le problème est que l'ECC, chargée d'enquêter sur les accusations de fraude, est soutenue par l'ONU. Alors que l'IEC est considérée comme soutenant le président sortant, voire selon certains d'avoir aidé à frauder.
Mais les pressions se multiplient sur le président afghan sortant. La présidence suédoise de l'Union européenne a ainsi appelé lundi Hamid Karzaï à accepter, le cas échéant, la tenue d'un deuxième tour de l'élection présidentielle. Les Européens redoutent en effet que le président sortant refuse de revenir devant les urnes malgré l'ampleur des fraudes. "Nous avons reçu des informations inquiétantes selon lesquelles il pourrait refuser un deuxième tour", a indiqué un diplomate européen suivant de près cette question. "Nous voulons souligner clairement au président Karzaï l'importance qu'il y a à garantir la crédibilité et la légitimité du futur président en Afghanistan", a-t-il ajouté, en soulignant que le chef de l'Etat sortant devait "accepter la procédure" électorale dans son pays.
Avec agences
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