Hamid Karzaï, président aghan, en août 2009 © REUTERSIl n'y aura donc pas de second tour de l'élection présidentielle afghane samedi. La Commission indépendante électorale d'Afghanistan a décidé qu'il n'aurait pas lieu, après le retrait d'un des deux candidats en lice. Le rival du président sortant Hamid Karzaï, l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, avait annoncé dimanche qu'il ne participerait pas à ce nouveau scrutin. Il reprochait à Hamid Karzaï d'avoir refusé les conditions qu'il avait formulées pour éviter que ne se répètent les irrégularités massives ayant entraîné l'annulation de la victoire revendiquée dès le premier tour, le 20 août, par le camp du président sortant. Il est vrai que Karzaï, qui incarne la majorité pachtoune, avait exclu par avance toute alliance avec Abdullah, un Tadjik qui fut compagnon d'armes du défunt commandant Ahmed Chah Massoud, fermant ainsi la porte à un arrangement qui aurait fait les affaires de l'Occident.
Afghanistan : conseil de guerre d'Obama avant une décision cruciale
Le président américain a réuni lundi soir ses principaux ministres, des généraux et des diplomates pour réfléchir à une décision stratégique : envoyer ou non des renforts en Afghanistan.
Publié le 24/11/2009
Du coup, seul candidat encore en lice, Hamid Karzaï a été déclaré vainqueur, un peu plus de deux mois après le premier tour du 20 août, qui avait été entaché de violences des talibans, d'une faible participation et dont un quart des bulletins de vote au total (et un tiers de ceux du sortant) avaient dû être annulés. La Commission électorale indépendante, accusée de toutes part d'avoir au mieux fermé les yeux sur les fraudes, au pire de les avoir encouragées, a justifié lundi son choix, arrêté en accord avec la loi électorale et la constitution afghanes, et "dans le plus haut intérêt du peuple afghan" : "L'annonce surprise de son excellence le Dr. Abdullah Abdullah (...) présentait de grandes difficultés quant à l'organisation d'un second tour de l'élection".
Ban Ki-moon à Kaboul
Le chef de l'Etat sortant n'avait accepté la tenue d'un second tour qu'après de fortes pressions internationales dans ce sens. Mais cette élection par défaut risque de ne donner qu'une faible légitimité au président réélu, installé aux commandes du pays fin 2001, lorsqu'une coalition internationale menée par les Etats-Unis avait chassé les talibans du pouvoir, qu'ils détenaient depuis 1996. Ces craintes sur la légitimité du président réélu ont été exprimées dès lundi matin par Bernard Kouchner : "Corriger le premier tour pour qu'au deuxième, finalement, à la fois (...) le président Karzaï gagne, et qu'en même temps, on affaiblisse son gouvernement (...), que ce soit aussi obscur et opaque, ce n'est pas une bonne chose", avait commenté le chef de la diplomatie française.
La reconduction d'un Hamid Karzaï affaibli, et dont le régime est tenu pour corrompu dans les milieux politiques de Washington, apparaît comme un coup dur pour le président américain Barack Obama, à l'approche de sa décision sur l'envoi éventuel de renforts en Afghanistan. Critiqué par un nombre croissant de détracteurs pour le délai qu'il s'accorde avant de répondre à la demande d'envoi de 40.000 soldats supplémentaires formulée par son état-major sur place, Obama aurait reporté sa décision au lendemain de sa tournée en Asie, du 11 au 20 novembre.
Hasard du calendrier, ce point final à la crise survient alors que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, est arrivé lundi à Kaboul pour y rencontrer Hamid Karzaï et Abdullah Abdullah, et assurer "le peuple afghan du soutien continu des Nations unies pour le développement du pays". Il avait annoncé son intention de se rendre en Afghanistan après l'attentat qui a tué mercredi dernier cinq expatriés travaillant pour les Nations unies à Kaboul.
D'après agences
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