Sanglante attaque à Rawalpindi

le 02 novembre 2009 à 09h00 , mis à jour le 02 novembre 2009 à 10h52

Un attentat suicide visant un hôtel de luxe, situé non loin du quartier général des forces armées pakistanaises, a fait au moins 24 morts.

[Expiré] [Expiré] pakistan © AFP / A. Qureshi

Au moins 34 personnes ont été tuées lundi dans un attentat suicide dans l'enceinte de l'hôtel Shalimar, un établissement de luxe de Rawalpindi, la grande ville proche de la capitale du Pakistan. "Un kamikaze à moto s'est fait exploser à proximité d'une file de personnes attendant de recevoir leur paie. Nous avons retrouvé les débris d'une veste bourrée d'explosifs et des fragments de corps du kamikaze", a déclaré à la presse un responsable de la police. Le site de l'explosion a été recouvert de sang et de fragments de chair humaine ; les chaussures ensanglantées abandonnées sur les lieux, dont des chaussures de femmes, et la présence de corps mutilés jusqu'à 50 m du lieu de l'explosion témoignaient de sa puissance.

Cette nouvelle attaque terroriste, non encore revendiquée, est survenue non loin du quartier général des forces armées pakistanaises, théâtre d'une audacieuse attaque suivie d'une prise d'otages de près de 24 heures par un commando de 10 combattants islamistes le mois dernier. Vingt-trois personnes avaient alors péri dans cette attaque, dont trois otages, ce qui avait profondément embarrassé les autorités en révélant des failles importantes de sécurité.

Près de 2400 personnes tuées en deux ans

Située dans la banlieue d'Islamabad, Rawalpindi est une mégalopole qui a déjà été frappée à de nombreuses reprises par des attaques, visant notamment l'armée, alors que le Pakistan est le théâtre, depuis plus de deux ans, d'une vague d'attentats qui a tué près de 2400 personnes, perpétrés pour l'essentiel par des kamikazes du Mouvement des Talibans du Pakistan (TTP). Mercredi, 134 personnes ont ainsi été tuées ou portées disparues dans l'explosion d'une voiture piégée sur un marché de Peshawar, la grande ville du nord-ouest du pays, dans le second attentat le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, qui n'a pas été revendiqué.

Ces attaques se sont intensifiées alors que l'armée pakistanaise est engagée depuis le 17 octobre une offensive terrestre contre l'un des bastions des talibans, dans le district tribal du Waziristan du Sud. Les zones tribales pakistanaises sont devenues progressivement, depuis la chute des talibans en Afghanistan à la fin 2001, un sanctuaire d'Al-Qaïda, le fief des talibans pakistanais et une base arrière de leurs alliés, les talibans afghans.

Une situation devenue si instable que le personnel humanitaire se fait de moins en moins nombreux dans la région. Le 21 octobre, le Programme alimentaire mondial avait déjà fermé les centres de distribution desservant plus de deux millions de personnes dans le nord-ouest du Pakistan. Ce lundi, les Nations unies ont annoncé le retrait de tout leur personnel expatrié de la zone. Ban Ki Moon a déclaré le passage en phase IV, le deuxième niveau de sécurité le plus grave, qui entraîne le départ immédiat de tous les expatriés, à l'exception de ceux engagés dans des opérations jugées vitales - le personnel local n'étant pas concerné. Le passage en phase IV va principalement affecter les projets de développement à long terme, mais pas les opérations humanitaires d'urgence, comme celles en cours dans la vallée de Swat et les zones tribales. Dans le Waziristan du Sud, où près de 250.000 personnes ont été déplacées en raison des combats, les agences de l'ONU vont continuer à distribuer nourriture, couvertures et équipement de première nécessité, par l'intermédiaire d'organismes partenaires.

D'après agence

le 02 novembre 2009 à 09:00
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