Policiers chinois devant le portrait d'un des plus célèbres des dissidents, Liu Xiaobo (25/12/2009 © S. Chiu / ReutersLes associations de défense des droits de l'Homme ont dénoncé vendredi un durcissement politique en Chine après la condamnation à 11 ans de prison d'un des plus célèbres des dissidents chinois, Liu Xiaobo, pour "subversion". Les Etats-Unis se sont déclarés très inquiets, par la voix d'un responsable de l'ambassade américaine à Pékin. Ce que reprochait la justice chinoise à celui qu'elle a aussi lourdement condamné : des écrits appelant au développement des libertés civiles et du multipartisme. Liu, qui aura 54 ans lundi, a en effet participé en 1989 aux manifestations de Tienanmen pour la démocratie, et il est l'un des principaux rédacteurs de la "Charte 08" qui appelle à des réformes majeures du système politique chinois.
Liu Xiaobo, qui a déjà passé vingt mois en prison dans la foulée des événements de 1989, puis trois ans en camp de travail et huit mois aux arrêts à domicile dans les années 1990, reste pourtant une épine dans le pied du gouvernement chinois. Il est resté très critique vis-à-vis du régime politique en place et a contribué à fonder le groupe indépendant chinois PEN, qui mène campagne contre la censure.
La Chine dénonce des "ingérences" étrangères
Signe que Pékin pourrait souhaiter minimiser le retentissement de cette nouvelle sur son territoire, l'annonce du verdict n'a été diffusée par l'agence de presse officielle Chine nouvelle que sur son service anglophone. Mais elle a rapidement été relayée par les soutiens du dissident sur Twitter, que les autorités chinoises bloquent mais auquel il reste possible d'accéder en utilisant des moyens de contournement.
"Le procès était ouvert au public. Deux avocats défendaient Liu et sa famille était présente", peut-on lire dans la déclaration du tribunal. Mais l'épouse de Liu Xiaobo, Liu Xia, avait été escortée au tribunal par des agents de sécurité et l'accès à la salle d'audience lui avait été refusé au premier jour du procès à huis clos, mercredi. Des diplomates européens, américains, canadiens et australiens se sont vus pour leur part refuser l'accès au tribunal, tandis que la Chine dénonçait des "ingérences" étrangères dans le processus judiciaire.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





