© AFP"Les charges sont sans fondement (...) Elles sont inventées par des forces politiques qui utilisent l'accusation à leurs fins". Sans surprise, le chef de l'opposition malaisienne et ancien vice-Premier ministre, Anwar Ibrahim, accusé de sodomie et qui risque vingt ans de prison, a plaidé "non coupable" ce mercredi, au deuxième jour de son procès à Kuala Lumpur devant la Haute cour. L'homosexualité est en effet interdite en Malaisie, qui applique la charia aux musulmans.
De leur côté, les procureurs ont affirmé détenir des éléments prouvant la relation sexuelle entre Anwar Ibrahim et l'un de ses ex-collaborateurs, Mohamad Saiful Bukhari Azlan, 24 ans, qui a porté plainte. Des traces ADN du sperme de l'accusé auraient en effet été découvertes au cours de tests médicaux menés sur le plaignant. Les faits se seraient déroulés le 26 juin 2008 dans un appartement de Kuala Lumpur, la capitale.
Huit mois de procès ?
Mardi, Anwar Ibrahim avait mis en cause l'actuel Premier ministre Najib Razak et son épouse, qui sont, selon lui, "personnellement impliqués dans la conspiration". Il a annoncé son intention de les appeler à témoigner à son procès. L'entourage de Najib Razak a évidemment démenti toute pression du Premier ministre dans cette affaire.
L'ex-vice-Premier ministre a déjà passé six ans derrière les barreaux pour le même motif avant que le jugement ne soit cassé en 2004. Depuis, il a réussi un spectaculaire retour en politique, mettant en difficulté aux élections de 2008 la coalition majoritaire, Barisan Nasional, qui dirige la Malaisie depuis un demi-siècle. Le procès, qui s'annonce comme un test de l'indépendance de la justice, pourrait durer huit mois.
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