"Au nom de mon peuple", de Malalaï Joya © DR32 ans, déterminée, Malalaï Joya parcourt le monde pour parler de son livre, Au nom de mon peuple, mais aussi et surtout de son pays. Depuis des années, cette jeune femme se bat pour la démocratie. "Au nom de mon peuple et de toutes les femmes", précise-t-elle à chaque interlocuteur. C'est ce combat qu'elle veut nous faire partager lorsque nous la rencontrons dans un hôtel du 6e arrondissement à Paris. Plus jeune députée élue au parlement afghan en 2005, elle en a été expulsée deux ans plus tard pour avoir eu, dans une interview télévisée, des mots très durs sur ses collègues : "Dans une étable, il y a des vaches qui donnent du lait et des ânes qui portent des fardeaux. Mais eux, ils sont pires que des vaches et des ânes, ils sont comme des dragons".
Les talibans ont fui Marjah
Selon l'armée afghane, engagée aux côtés des forces de l'Otan depuis trois jours dans une offensive de grande ampleur contre un fief des talibans, Marjah est désormais largement sous contrôle des troupes alliées.
Publié le 15/02/2010
Afghanistan : Marjah, l'offensive annoncée
<b> Décryptage -</b> Pourquoi l'armée américaine a-t-elle lancé l'assaut contre le secteur détenu par les talibans dans le Sud du pays ?
Publié le 12/02/2010
"Jusqu'où le monde est-il prêt à financer la réconciliation avec les talibans ?"
<b> Interview -</b> La communauté internationale se réunit ce jeudi à Londres pour aborder l'avenir de l'Afghanistan, notamment la réintégration des talibans modérés. Omar Samad, l'ambassadeur afghan en France, répond aux questions de TF1 News.
Publié le 27/01/2010
Afghanistan : Londres, l'envers du décor
<b> Eclairage -</b> Patricia Allémonière, chef du service international de TF1, décrypte pour TF1 News le bilan de la conférence de Londres de jeudi, celle de la "main tendue" du président Karzaï aux talibans.
Publié le 29/01/2010
Cette femme fragile, en apparence, a déjà échappé à cinq tentatives d'assassinat. A Kaboul, elle vit dans la clandestinité et change régulièrement d'appartement. Tous les jours, elle reçoit des menaces de mort, aussi bien sur internet que sur son téléphone portable. Son combat pour la démocratie l'amène à dénoncer les talibans, les seigneurs de la guerre et les forces internationales de l'Otan.
Les talibans, des "résistants réactionnaires"
Derrière le mollah Omar, qualifié de "fasciste", les insurgés sont désignés comme des "résistants réactionnaires" avec lesquels il sera impossible d'établir la démocratie. Lorsqu'on lui parle de la conférence de Londres de fin janvier, Malalaï Joya se met en colère : "vous allez leur donner des millions (ndlr : plus de 160 millions ont été alloués afin que les insurgés déposent les armes) alors que des millions d'Afghans meurent de pauvreté". A ses yeux, les projets du président Hamid Karzaï vont conduire à la réhabilitation des talibans. Et, toujours selon elle, ce sont eux qui contrôleront la Loya Jirga, l'assemblée des anciens et des représentants des tribus qui doit se réunir prochainement.
Sa deuxième cible : les seigneurs de la guerre qui entourent le président afghan. "Ce sont eux qui sont responsables de la corruption et du système mafieux qui gangrènent le pays", déclare-t-elle avant de préciser : "Les démocrates n'ont pas de chance, ce sont les seigneurs de la guerre qui gèrent les affaires". A Kaboul, elle lutte contre eux, à sa manière. "Je collecte des documents pour poursuivre ces criminels en justice... ", explique-t-elle.
"Si les Américains nous libèrent, nous finirons esclaves"
Son autre combat : celui contre les forces étrangères. "Les Américains, dehors, maintenant". Les mots s'inscrivent en lettres noires sur le badge blanc qui ne la quitte plus. "Laissez-nous tranquilles. Nous n'avons pas besoin de votre aide. Nous sommes assez grands pour prendre notre destin en main", indique-t-elle tranquillement à tous ses visiteurs. Pour elle, les forces étrangères ne peuvent pas établir la démocratie : "S'ils nous libèrent, nous finirons esclaves", affirme-t-elle.
L'occupation, elle connaît. Ses parents ont fui l'Afghanistan lors de l'invasion soviétique. Malalaï avait alors 4 ans. Elle a ensuite vécu 16 ans dans un camp de réfugiés au Pakistan. "Le président Barack Obama est comme les autre. S'il ne retire pas ses soldats, il y aura plus de sang et plus de désastres", déclare-t-elle. Quant à George W. Bush, il est à ranger dans le camp des criminels de guerre "qui seront un jour poursuivis".
"Cela va changer"
Malalaï croit en la résistance de son peuple, en l'éducation des femmes. L'argent de son livre sera ainsi entièrement consacré à ses projets éducatifs. "Des dizaines de femmes se suicident tous les mois, par désespoir. Si elles étaient éduquées, elles ne se donneraient pas la mort", fait-elle remarquer. "Dans mon pays, martèle Malalaï, il y a beaucoup de héros et d'héroïnes obscurs. Ils luttent dans leurs villes et villages. Mais personne ne les connait". Et d'ajouter : "Aujourd'hui, avec internet, le monde est un village, l'Afghanistan est-peut être un pays reculé mais cela va changer...". On aimerait la croire.
Malalaï Joya poursuit sa tournée européenne. Mais elle sera de retour dans son pays pour la journée des femmes, le 8 mars.
Retour MYTF1
Les talibans ont fui Marjah
Chargement en cours...





