Assassinat Bhutto : le rapport qui accable la police

Par TF1 News (D'après agence), le 16 avril 2010 à 07h05 , mis à jour le 16 avril 2010 à 10h12

Un rapport de l'ONU accuse la police du Pakistan d'avoir sciemment fait échouer l'enquête sur l'assassinat en 2007 de l'ancienne Première ministre. Le drame aurait pu être évité.

Benazir BhuttoUne affiche électorale avec Benazir Bhutto © DR

Le rapport ne laisse pas la place au doute. L'ONU a rendu publiques vendredi ses conclusions sur l'assassinat en  2007 de l'ancienne Première ministre Benazir Bhutto. L'organisation estime que le drame aurait pu être évité si des mesures de sécurité adaptées aux menaces avaient été prises. Mais surtout, elle affirme que  la police du Pakistan a sciemment fait échouer l'enquête: "des responsables, craignant notamment l'implication des services de  renseignement, ne savaient pas vraiment jusqu'où ils pouvaient aller dans  l'enquête, même s'ils savaient pertinemment, en tant que professionnels, que certaines mesures auraient dû être prises".

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Le rapport de 65 pages souligne que la responsabilité de la sécurité de Bhutto reposait sur "le gouvernement fédéral, le gouvernement du Punjab et sur  la police de Rawalpindi". "Aucune de ces entités n'a pris les mesures pour répondre aux risques urgents, extraordinaires et récents qui menaçaient" l'ancienne Première ministre. Il est ainsi noté que le gouvernement pakistanais n'est pas parvenu à fournir à Benazir Bhutto un service de sécurité aussi rigoureux que celui qui avait  été mis en place en octobre 2007 pour deux autres anciens Premiers ministres qui appartenaient au parti politique soutenant le président Pervez Musharraf. "Ce traitement discriminatoire est profondément troublant vu les tentatives d'assassinat auxquelles elle a été confrontée trois jours avant et les menaces  spécifiques qui pesaient sur elle et qui avaient été identifiées" par les services de renseignement pakistanais. Le document ajoute que l'enquête pakistanaise "a manqué d'instructions, était inefficace et manquait d'implication pour identifier les criminels et les  traduire en justice". 
 
Le Pakistan étudie le dossier

Embarrasé, le Pakistan a annoncé vendredi qu'il ne réagira à l'enquête qu'après avoir étudié le rapport. "Nous lisons le rapport et une réaction détaillée sera rendue publique après", a déclaré le porte-parole de la présidence pakistanaise, rappelant que le gouvernement, issu en 2008 du parti de Benazir Bhutto, mène sa propre enquête. Avant le report de la remise du rapport, l'ONU avait prévu, par mesure de sécurité, de fermer pendant trois jours tous ses bureaux au Pakistan, ensanglanté depuis trois ans par une vague d'attentats islamistes. La commission d'enquête était chargée "d'enquêter sur les faits et  circonstances de l'assassinat" et non de déterminer "la responsabilité criminelle des auteurs" qui reste du ressort des seules autorités  pakistanaises.

Benazir Bhutto, Premier ministre à deux reprises dans les années 1990, a été assassinée le 27 décembre 2007, alors qu'elle sortait d'un meeting électoral à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad. Alors qu'elle saluait la foule, le haut du corps hors de sa voiture blindée,  un homme a ouvert le feu sur elle avant de faire exploser la bombe qu'il portait  sur lui. Une équipe de Scotland Yard a conclu que le souffle de l'explosion avait  projeté sa tête contre la poignée du toit ouvrant alors qu'elle se baissait, provoquant une blessure mortelle. Les autorités pakistanaises soutiennent cette version que l'entourage de Benazir Bhutto conteste.

Par TF1 News (D'après agence) le 16 avril 2010 à 07:05
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1 Commentaires

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  • tipoussy01, le 16/04/2010 à 08h26

    Conclusion: si le Gouvernement de l'époque ne l'a pas faite directement assassinée, il n'en n'est pas moins complice pour n'avoir pas pris volontairement suffisamment de mesures de sécurité pour protéger l'ancienne 1er Ministre et pour n'avoir pas volontairement enquêté correctement après son assassinat afin que les auteurs de l'attentat ne soient pas inquiétés. Cà confirme bien que ce pouvoir est corrompu.

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