Image de soldats chinois au secours des victimes du séisme du 14 avril © TF1/LCI
La secousse sismique a été enregistrée mercredi à 7h49, heure locale - soit peu avant deux heures du matin, heure française - à 380 km au sud/sud-est de la ville de Golmud, dans le nord-ouest de la Chine. Cette zone est une province isolée, celle du Qinghai, proche de la région autonome du Tibet, considérée comme peu peuplée : elle est surtout habitée par des paysans et nomades d'ethnie mongole et tibétaine ; aussi les premiers bilans des autorités chinoises se voulaient-ils rassurants. Tout au plus évoquaient-ils des dégâts matériels. Mais rapidement sont venues les annonces des morts : quatre, puis 23, puis 67, puis 300, puis 400 morts... Jeudi matin, le bilan annoncé par la télévision d'Etat faisait état de 617 morts et 10.000 blessés.
Car le séisme a été violent : une magnitude de 6,9 selon l'Institut de géophysique américain, de 7,1 selon les autorités sismiques chinoises. L'épicentre du séisme se situait à une profondeur de 46 km, a indiqué l'USGS. Trois répliques ont suivi, de magnitude allant jusqu'à 5,8, a précisé l'institut américain. Or le pire tremblement de terre en Chine ces dernières années avait frappé la province voisine du Sichuan, non loin de la zone frappée ce mercredi : c'était en mai 2008 et la secousse, de magnitude 8, avait fait au moins 87.000 morts ou disparus. Et en août, l'an dernier, un séisme avait également frappé Golmud. Mais la secousse avait alors été plus faible - 6,2 de magnitude - et si elle avait fait s'écrouler une trentaine d'habitations, elle n'avait pas provoqué de morts.
Ni matériel de secours, ni équipement médical
Cette fois, selon les premiers témoignages relayés par l'agence Chine Nouvelle, de nombreuses maisons se sont effondrées, les routes ont été coupées par des glissements de terrain et les télécommunications sont rendues difficiles. Plus de 85% des bâtiments situés près de l'épicentre, dans le district de Yushu, seraient détruits, selon un autre responsable du gouvernement local. Et de nombreux habitants seraient toujours coincés sous les immeubles effondrés. "Des soldats ont été envoyés pour sauver les gens ensevelis sous les décombres de maisons", a indiqué un autre responsable local, cité par Chine Nouvelle.
Mais les équipements font défaut. "Nous devons compter principalement sur nos mains pour dégager les décombres car nous ne disposons pas de grosses pelleteuses", a reconnu un responsable de la police armée chargé des opérations de secours. "Nous n'avons pas non plus d'équipement médical", a-t-il ajouté. Dans un communiqué, le ministère des Affaires civiles a assuré que les autorités provinciales avaient envoyé 5000 tentes et des dizaines de milliers de vêtements.
700 soldats sur place
La télévision a annoncé que plus de 900 personnes avaient été sorties vivantes des décombres par les services de secours. Le gouvernement chinois a débloqué une aide d'urgence de 200 millions de yuans (29,3 millions de dollars, 21,5 millions d'euros) pour la province du Qinghai, a indiqué le ministère des Finances, cité par Chine Nouvelle. Le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao ont ordonné aux autorités locales de tout faire pour venir en aide à la population. Environ 700 soldats se trouvent sur place et plus de 5.000 secouristes, dont des soldats et des médecins, ont été envoyés par le gouvernement provincial du Qinghai.
Les routes ont été coupées par des glissements de terrain. Les télécommunications sont rendues difficiles dans cette région montagneuse de la chaîne himalayenne.
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