© AFPDes bâtiments incendiés, de la fumée, des pillards... Les violences continuaient mercredi à Bangkok après la reddition des chefs des "chemises rouges" antigouvernementales. Elles ont appelé leurs partisans à cesser le mouvement après un assaut de l'armée sur leur camp retranché.
A Bangkok, les manifestants battent en retraite
L'armée thaïlandaise était décidée mercredi à mettre fin à l'insurrection des Chemises rouges dans le quartiers des Grands magasins à Bangkok. L'assaut final a fait plusieurs victimes, de nombreux manifestants semblent avoir jeté l'éponge.
Publié le 19/05/2010
Dans certains endroits de la ville régnait une atmosphère de chaos. Selon les pompiers, la Bourse, plusieurs centres commerciaux, des banques et les locaux d'une chaîne de télévision, avec 100 personnes à l'intérieur, étaient en feu, incendiés par des manifestants. Une épaisse fumée noire, provenant de nombreux pneus incendiés, se dégageait au-dessus de la capitale thaïlandaise, où l'armée a annoncé l'imposition d'un couvre feu à partir de mercredi soir jusqu'à jeudi matin. Le gouvernement a d'ailleurs reconnu que des parties de la ville n'étaient pas sous contrôle, alors que l'armée annonçait qu'elle allait "s'occuper de ceux qui provoquent des troubles". La police a elle été autorisée à tirer à vue sur les pillards ou émeutiers.
Les violences ont également gagné le nord-est du pays, dont sont originaires nombre des contestataires, et des milliers de manifestants "rouges" ont incendié mercredi le siège du gouvernement de la province d'Udon Thani. Un couvre-feu a été imposé dans 23 provinces en plus de Bangkok.
Au moins 6 morts
C'est tôt le matin que les opérations avaient commencé à Bangkok, l'armée envoyant des blindés et des centaines de soldats pour mettre un terme à l'occupation par les "rouges" d'un quartier touristique et commercial huppé de la capitale. Après deux mois de manifestations d'abord pacifiques puis émaillées d'incidents violents et plusieurs séances de négociations sans résultat, les militaires ont neutralisé la zone en quelques heures, au milieu d'échanges de tirs d'armes automatiques et de grenades, forçant les cadres du mouvement antigouvernemental à renoncer.
Sic civils ont été tués lors des opérations, dont un journaliste italien touché par une balle dans l'abdomen, selon la police. Au moins deux autres reporters ont été blessés. Des combats ont aussi eu lieu dans le grand parc Lumpini, un lieu de promenade des Thaïlandais et des touristes étrangers. Les leaders des manifestants ont annoncé peu après 13 heures, heure de Bangkok qu'ils allaient se rendre aux autorités, dans une intervention chargée d'émotion sur la scène située au milieu de la zone rouge. "Moi et mes compagnons allons nous rendre au Bureau de la police nationale. Je sais que vous souffrez. Certains d'entre vous sont sans voix. Mais nous ne voulons pas plus de morts", a déclaré Jatuporn Prompan, en larmes. "Nous cessons la manifestation maintenant. Je sais que c'est inacceptable pour certains d'entre vous", a renchérit Nattawut Saikuar. "Nous allons échanger notre liberté contre votre sécurité. Nous avons fait tout ce que nous pouvions (...). Je demande à tout le monde de rentrer chez soi". Au moins un des leaders s'est enfuit. D'autres se sont rendus à la police, alors que les manifestants se dirigeaient vers les sorties du camp retranché.
Les autorités avaient mis fin dans la nuit aux perspectives de reprise des négociations, que des sénateurs avaient tenté de relancer jusqu'à la dernière minute avec l'accord des "rouges". Mais les dernières négociations officielles avaient été rompues il y a une semaine, lorsque le Premier ministre Abhisit Vejjajiva avait annulé sa proposition d'organiser des élections anticipées à la mi-novembre, exaspéré par les exigences sans cesse plus élevées des "rouges". Des affrontements violents avaient déjà fait 39 morts et 300 blessés entre jeudi soir et lundi. Depuis le début de la crise à la mi-mars, 68 personnes ont été tuées et environ 1.700 blessées, sans compter les victimes de l'opération finale.
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