Les "rouges" se rendent, les violences se poursuivent

Par C.H. (Avec agences), le 19 mai 2010 à 08h02 , mis à jour le 19 mai 2010 à 15h52

Les leaders des forces antigouvernementales ont appelé mercredi à la fin de leur mouvement après un assaut des forces de l'ordre sur leur camp retranché. A Bangkok et dans le nord, les heurts ont lieu.

[Expiré] [Expiré] Thaïlande Bangkok © AFP

Des bâtiments incendiés, de la fumée, des pillards... Les violences continuaient mercredi à Bangkok après la reddition des chefs des "chemises rouges" antigouvernementales. Elles ont appelé leurs partisans à cesser le mouvement après un assaut de l'armée sur leur camp retranché.

  • A Bangkok, les manifestants battent en retraite

    L'armée thaïlandaise était décidée mercredi à mettre fin à l'insurrection des Chemises rouges dans le quartiers des Grands magasins à Bangkok. L'assaut final a fait plusieurs victimes, de nombreux manifestants semblent avoir jeté l'éponge.

    Publié le 19/05/2010 A Bangkok, les manifestants battent en retraite
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Dans certains endroits de la ville régnait une atmosphère de chaos. Selon les pompiers, la Bourse, plusieurs centres commerciaux, des banques et les locaux d'une chaîne de télévision, avec 100 personnes à l'intérieur, étaient en feu, incendiés par des manifestants. Une épaisse fumée noire, provenant de nombreux pneus incendiés, se dégageait au-dessus de la capitale thaïlandaise, où l'armée a annoncé l'imposition d'un couvre feu à partir de mercredi soir jusqu'à jeudi matin. Le gouvernement a d'ailleurs reconnu que des parties de la ville n'étaient pas sous contrôle, alors que l'armée annonçait qu'elle allait "s'occuper de ceux qui provoquent des troubles". La police a elle été autorisée à tirer à vue sur les pillards ou émeutiers.
 
Les violences ont également gagné le nord-est du pays, dont sont originaires nombre des contestataires, et des milliers de manifestants "rouges" ont incendié mercredi le siège du gouvernement de la province d'Udon Thani. Un couvre-feu a été imposé dans 23 provinces en plus de Bangkok.

 
Au moins 6 morts
 
C'est tôt le matin que les opérations avaient commencé à Bangkok, l'armée envoyant des blindés et des centaines de soldats pour mettre un terme à l'occupation par les "rouges" d'un quartier touristique et commercial huppé de la capitale. Après deux mois de manifestations d'abord pacifiques puis émaillées d'incidents violents et plusieurs séances de négociations sans résultat, les militaires ont neutralisé la zone en quelques heures, au milieu d'échanges de tirs d'armes automatiques et de grenades, forçant les cadres du mouvement antigouvernemental à renoncer.
 
Sic civils ont été tués lors des opérations, dont un journaliste italien touché par une balle dans l'abdomen, selon la police. Au moins deux autres reporters ont été blessés. Des combats ont aussi eu lieu dans le grand parc Lumpini, un lieu de promenade des Thaïlandais et des touristes étrangers. Les leaders des manifestants ont annoncé peu après 13 heures, heure de Bangkok qu'ils allaient se rendre aux autorités, dans une intervention chargée d'émotion sur la scène située au milieu de la zone rouge. "Moi et mes compagnons allons nous rendre au Bureau de la police nationale. Je sais que vous souffrez. Certains d'entre vous sont sans voix. Mais nous ne voulons pas plus de morts", a déclaré Jatuporn Prompan, en larmes. "Nous cessons la manifestation maintenant. Je sais que c'est inacceptable pour certains d'entre vous", a renchérit Nattawut Saikuar. "Nous allons échanger notre liberté contre votre sécurité. Nous avons fait tout ce que nous pouvions (...). Je demande à tout le monde de rentrer chez soi". Au moins un des leaders s'est enfuit. D'autres se sont rendus à la police, alors que les manifestants se dirigeaient vers les sorties du camp retranché.
 
Les autorités avaient mis fin dans la nuit aux perspectives de reprise des négociations, que des sénateurs avaient tenté de relancer jusqu'à la dernière minute avec l'accord des "rouges". Mais les dernières négociations officielles avaient été rompues il y a une semaine, lorsque le Premier ministre Abhisit Vejjajiva avait annulé sa proposition d'organiser des élections anticipées à la mi-novembre, exaspéré par les exigences sans cesse plus élevées des "rouges". Des affrontements violents avaient déjà fait 39 morts et 300 blessés entre jeudi soir et lundi. Depuis le début de la crise à la mi-mars, 68 personnes ont été tuées et environ 1.700 blessées, sans compter les victimes de l'opération finale.

Par C.H. (Avec agences) le 19 mai 2010 à 08:02
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4 Commentaires

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  • mrpropre, le 19/05/2010 à 22h53

    Je vais fréquemment en Thaïlande et c'est vraiment un pays magnifique. Cependant, il suffit de se balader (hors circuits touristiques) pour voir le décalage entre la campagne quasi féodale ( les "rouges") et Bangkok la moderne ( les jaunes) Le plus grand défi de ce pays est sans doute d'assurer une croissance pour tous, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. L'inflation est forte. La guerre civile n'est sans doute pas loin malgré tous les commentaires appellant a relativiser les événements. Le Roi, symbole vénéré, maintient encore une fragile unité. Or c'est le monarque le plus vieux du monde et sa succession sera un énorme casse tête.

  • capoo91, le 19/05/2010 à 16h33

    Exactement, c'est pour cela que j'ai quitte la France. Dans chaque pays il y a du bon et du mauvais. A chacun de faire la part des choses pour son propre bonheur. A l'heure qu'il est, tout est calme dehors, tres peu de voitures circulent (je vis a 10 Km de la zone a risque) mais l'air sent le brule a plein nez.

  • hiboux12, le 19/05/2010 à 12h29

    Merci capoo91 pour ton message, que je partage completement...moi aussi je suis un grand amoureux de la thailande, j'y suis aller pour la premiere fois en decembre 2009, et depuis, je planifie d'y vivre a moyen terme...le peuple thailandais est gentille, tres accueillant, simple, les plats culinaires sont excellent pour la santé, bref, c'est un coin de paradis sur terre.....il ne faut pas oculter ce pays, suite a ces evenements...tous les pays dans le monde ont leur lots de problemes et consolation......je recommande a tous les lecteurs de partir une fois au moins dans sa vie visiter ce pays des reves....et je vous garantie a coup sur et certain, que vous ne verrez plus jamais la vie de la meme façon.....

  • capoo91, le 19/05/2010 à 10h23

    Je vis a Bangkok depuis plusieurs annees et souhaite temoigner. J'ai recu un message de l'ambassade de France disant qu'il fallait ne pas sortir de chez soi. La dispertion du mouvement par l'armee etait une tres mauvaise idee car maintenant la violence qui etait perimetree sur 3Km carres n'a desormais plus de frontiere et la ville commence a s'enflammer petit a petit. Mes condoleances aux reporters tues, mais les images que je vois ici montre bien que les journalistes vont tres loin, meme a evacuer les corps. Certains prennent des risques et peuvent le payer de leur vie. Une pensee a tous les expats qui vivent ici et qui malgre tout, persistent encore a croire comme moi que la Thailande est un pays qui restera toujours un pays pas comme les autres ou il fait bon vivre. (Seul les personnes y ayant vecu peuvent comprendre) Merci de me publier.

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