Manifestants bravant l'armée dans les rues de Bangkok (15 mai 2010) © TF1/LCILes combats entre l'armée thaïlandaise et les manifestants antigouvernementaux se poursuivent à Bangkok, transformant le quartier commerçant de la ville en véritable champ de bataille. Au cours de la seule journée de samedi, les services de secours de la capitale ont comptabilisé six morts et 31 blessés. En tout, vingt-deux personnes ont été tuées et au moins 172 autres blessées depuis l'éclatement de nouveaux troubles jeudi soir, consécutifs à la tentative d'assassinat du "conseiller" militaire des manifestants, qui réclament le départ du Premier ministre et la tenue d'élections anticipées. L'armée a réaffirmé son intention de disperser les manifestants par la force et a appelé des renforts, pendant que les combats n'épargnaient pas les journalistes : un photographe travaillant pour un quotidien thaïlandais a été blessé aux jambes par balles samedi alors qu'il couvrait les affrontements. Chaiwat Pumpuang, travaillant pour The Nation, est le quatrième journaliste blessé à Bangkok en deux jours, après deux autres reporters thaïlandais et un cameraman canadien.
Thaïlande: la médiation du Sénat, ultime lueur d'espoir ?
Un chef de file des "chemises rouges" annonce mardi être d'accord pour l'ouverture de négociations sous l'égide du Sénat, qui a offert sa médiation.
Publié le 18/05/2010
Thaïlande: la menace d'évacuation plane sur la "zone rouge"
Environ 5.000 manifestants restaient présents lundi dans le camp retranché, la "zone rouge", au coeur de Bangkok, après l'heure limite d'évacuation fixée par les autorités.
Publié le 17/05/2010
Snipers et menaces de couvre-feu contre les "rouges" de Bangkok
Un calme précaire règne dans le quartier aux mains des manifestants et dont l'armée fait le blocus. Depuis jeudi, 33 personnes ont été tuées et plus de 230 blessées.
Publié le 16/05/2010
Bangkok en état de siège, les Etats-Unis évacuent leur ambassade
Huit personnes ont été tuées et près de 50 blessées au cours d'affrontements samedi entre manifestants antigouvernementaux et militaires. Un total de 24 personnes ont été tuées et 187 blessées depuis jeudi soir.
Publié le 15/05/2010
Pouvez-vous partir sereinement en Thaïlande ?
Même si les touristes ne sont pas menacés par les face-à-face quotidiens et souvent violents entre "chemises rouges" et forces de l'ordre, certains pays déconseillent les voyages dans toute la Thaïlande. La France se limite pour l'instant à Bangkok, la capitale.
Publié le 04/05/2010
Thaïlande : l'ultimatum des "chemises rouges"
Les partisan pro-Thaksin promettent de marcher lundi vers le camp militaire où le gouvernement s'est retranché pour en réclamer la chute et exiger la convocation d'élections parlementaires dans les 24 heures.
Publié le 14/03/2010
Près de la zone des combats, un panneau a été installé par l'armée, portant en anglais l'avertissement suivant : "zone de tirs à balles réelles". Tapis derrière des sacs de sables ou perchés sur le toit des immeubles, les soldats ont tiré sur les manifestants armés de cocktails molotov et de roquettes artisanales. L'un des protestataires, qui tentait de mettre le feu à des pneus, a été tué d'une balle en plein coeur. Un secouriste aurait été tué par balles alors qu'il tentait de rejoindre un manifestant blessé, et au moins quatre autres ont été blessés, dont un à la tête, ont rapporté des témoins. Pendant ce temps, la justice thaïlandaise, dans une volonté affichée de faire un exemple, a condamné samedi 27 manifestants à des peines de six mois de prison pour leur participation aux troubles.
Des barrages militaires devant toutes les entrées
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à la fin des combats et "suit avec une préoccupation croissante la rapide montée des tensions et de la violence", a déclaré son service de presse. Les Etats-Unis ont pour leur réitéré vendredi leur "profonde inquiétude". "Nous encourageons avec force tous ceux qui sont engagés (dans la crise) à manifester de la modération et à résoudre pacifiquement leurs différends", a déclaré le porte-parole du département d'Etat Philip Crowley.
Les "chemises rouges" jugent le Premier ministre Abhisit Vejjajiva illégitime et au service des élites du pays, qui gravitent autour du palais royal - hauts fonctionnaires, magistrats, militaires, hommes d'affaires. Après l'échec de 10 jours de négociations, le pouvoir a décidé de les étrangler sur le plan logistique, dans l'espoir de réduire au maximum le nombre de manifestants qui se retrouvent sans alimentation en électricité, sans eau ni nourriture. Des barrages militaires ont été installés devant toutes les entrées du quartier contrôlé par les "rouges". Officiellement, cependant, ces heurts ne préfiguraient pas une opération pour déloger les protestataires, barricadés derrière des barbelés, des pneus arrosés de kérosène et des grilles de bambous.
"Enlevez vos symboles, vous risquez d'être abattus"
Le porte-parole du gouvernement a déclaré que les militaires avaient été attaqués. "Les soldats ne pouvaient pas faire autrement que de se défendre contre les attaques dont ils étaient l'objet", a-t-il affirmé confirmant les risques d'instabilité dans la capitale dans les jours à venir. Weng Tojirakarn, l'un des leaders "rouges", a appelé pour sa part samedi les manifestants à poursuivre le combat et à demeurer aussi nombreux que possible. "Enlevez vos symboles rouges, sinon vous risquez d'être abattus par des soldats", a-t-il assuré. Il a par ailleurs souligné qu'aucun soldat n'avait été abattu, démontrant selon lui le fait que les "rouges" n'étaient pas armés.
Jeudi soir, des heurts avaient déjà fait un mort et au moins 11 blessés, dont un général renégat pro-"rouge" grièvement atteint par balle et dans un état critique. Le général Khattiya Sawasdipol, alias Seh Daeng, très populaire parmi les opposants, n'avait pas caché qu'il refusait le plan de sortie de crise pacifique proposé par le gouvernement, avec des élections législatives anticipées en novembre prochain. Il est considéré comme proche de Thaksin Shinawatra, ex-Premier ministre en exil renversé en 2006 par un putsch et icône de nombreuses "chemises rouges". Il est toujours ce samedi dans un état critique.
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