Bangkok, champ de bataille

Par TF1 News (D'après agence), le 15 mai 2010 à 07h32 , mis à jour le 15 mai 2010 à 15h32

Les combats se poursuivent dans le quartier commerçant de Bangkok, où se sont retranchés les manifestants antigouvernementaux assiégés par l'armée. Depuis jeudi soir, le bilan est de 22 morts et 172 blessés au moins.

Manifestants bravant l'armée dans les rues de Bangkok (15 mai 2010)Manifestants bravant l'armée dans les rues de Bangkok (15 mai 2010) © TF1/LCI

Les combats entre l'armée thaïlandaise et les manifestants antigouvernementaux se poursuivent à Bangkok, transformant le quartier commerçant de la ville en véritable champ de bataille. Au cours de la seule journée de samedi, les services de secours de la capitale ont comptabilisé six morts et 31 blessés. En tout, vingt-deux personnes ont été tuées et au moins 172 autres blessées depuis l'éclatement de nouveaux troubles jeudi soir, consécutifs à la tentative d'assassinat du "conseiller" militaire des manifestants, qui réclament le départ du Premier ministre et la tenue d'élections anticipées. L'armée a réaffirmé son intention de disperser les manifestants par la force et a appelé des renforts, pendant que les combats n'épargnaient pas les journalistes : un photographe travaillant pour un quotidien thaïlandais a été blessé aux jambes par balles samedi alors qu'il couvrait les affrontements. Chaiwat Pumpuang, travaillant pour The Nation, est le quatrième journaliste blessé à Bangkok en deux jours, après deux autres reporters thaïlandais et un cameraman canadien.

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Près de la zone des combats, un panneau a été installé par l'armée, portant en anglais l'avertissement suivant : "zone de tirs à balles réelles". Tapis derrière des sacs de sables ou perchés sur le toit des immeubles, les soldats ont tiré sur les manifestants armés de cocktails molotov et de roquettes artisanales. L'un des protestataires, qui tentait de mettre le feu à des pneus, a été tué d'une balle en plein coeur. Un secouriste aurait été tué par balles alors qu'il tentait de rejoindre un manifestant blessé, et au moins quatre autres ont été blessés, dont un à la tête, ont rapporté des témoins. Pendant ce temps, la justice thaïlandaise, dans une volonté affichée de faire un exemple, a condamné samedi 27 manifestants à des peines de six mois de prison pour leur participation aux troubles.

Des barrages militaires devant toutes les entrées

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à la fin des combats et "suit avec une préoccupation croissante la rapide montée des tensions et de la violence", a déclaré son service de presse. Les Etats-Unis ont pour leur réitéré vendredi leur "profonde inquiétude". "Nous encourageons avec force tous ceux qui sont engagés (dans la crise) à manifester de la modération et à résoudre pacifiquement leurs différends", a déclaré le porte-parole du département d'Etat Philip Crowley.

Les "chemises rouges" jugent le Premier ministre Abhisit Vejjajiva illégitime et au service des élites du pays, qui gravitent autour du palais royal - hauts fonctionnaires, magistrats, militaires, hommes d'affaires. Après l'échec de 10 jours de négociations, le pouvoir a décidé de les étrangler sur le plan logistique, dans l'espoir de réduire au maximum le nombre de manifestants qui se retrouvent sans alimentation en électricité, sans eau ni nourriture. Des barrages militaires ont été installés devant toutes les entrées du quartier contrôlé par les "rouges". Officiellement, cependant, ces heurts ne préfiguraient pas une opération pour déloger les protestataires, barricadés derrière des barbelés, des pneus arrosés de kérosène et des grilles de bambous.

"Enlevez vos symboles, vous risquez d'être abattus"

Le porte-parole du gouvernement a déclaré que les militaires avaient été attaqués. "Les soldats ne pouvaient pas faire autrement que de se défendre contre les attaques dont ils étaient l'objet", a-t-il affirmé confirmant les risques d'instabilité dans la capitale dans les jours à venir. Weng Tojirakarn, l'un des leaders "rouges", a appelé pour sa part samedi les manifestants à poursuivre le combat et à demeurer aussi nombreux que possible. "Enlevez vos symboles rouges, sinon vous risquez d'être abattus par des soldats", a-t-il assuré. Il a par ailleurs souligné qu'aucun soldat n'avait été abattu, démontrant selon lui le fait que les "rouges" n'étaient pas armés.

Jeudi soir, des heurts avaient déjà fait un mort et au moins 11 blessés, dont un général renégat pro-"rouge" grièvement atteint par balle et dans un état critique. Le général Khattiya Sawasdipol, alias Seh Daeng, très populaire parmi les opposants, n'avait pas caché qu'il refusait le plan de sortie de crise pacifique proposé par le gouvernement, avec des élections législatives anticipées en novembre prochain. Il est considéré comme proche de Thaksin Shinawatra, ex-Premier ministre en exil renversé en 2006 par un putsch et icône de nombreuses "chemises rouges". Il est toujours ce samedi dans un état critique.

Par TF1 News (D'après agence) le 15 mai 2010 à 07:32
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3 Commentaires

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  • jcdems, le 16/05/2010 à 05h17

    Je vous rappel que ces événement ce déroule uniquement a Bangkok et qu'il n'y a aucun risque d'aller en vacance ailleurs dans le pays. Il faut simplement éviter d'aller dans la capitale

  • lucien31, le 15/05/2010 à 22h10

    Pour ceux qui veulent aller en vacances en Thaïlande, je pense que vous serez plus en sécurité en France.

  • baal_, le 15/05/2010 à 18h08

    Ce qui est ridicule dans ces affaires c'est que les gens violents ne sont pas représentatifs des partis en présence. Au final l'armée utilise la force contre les extrémistes les plus dangereux. Bref en soit ça ne doit pas affecter les négociations.

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