L'armée ouvre le feu à Bangkok

Par TF1 News (D'après agence), le 14 mai 2010 à 07h14 , mis à jour le 14 mai 2010 à 19h37

Les violences ont repris ce vendredi après une nuit d'affrontements. On compte au moins 10 morts et plus d'une centaine de blessés, dont trois journalistes. Le quartier où les "chemises rouges" sont retranchées est bouclé.

[Expiré] [Expiré] L'armée ouvrant le feu sur les "chemises rouges" à Bangkok (14 mai 2010) © AFP / P. Kittiwongsakul

 
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La situation est de nouveau explosive dans le centre de Bangkok après une nuit d'affrontements entre soldats et manifestants antigouvernementaux. Les heurts nocturnes ont fait un mort et neuf blessés, dont un chef militaire des "chemises rouges". Le calme est brièvement revenu en fin de nuit, avant d'être de nouveau rompu par des tirs à proximité d'une zone tenue par les protestataires. L'armée a annoncé son intention de reprendre par la force une avenue tenue par les manifestants, accusés d'avoir mené des actions "d'intimidations". Les combats qui ont repris ont fait cette fois au moins 10 morts (9 hommes et une femme, tous civils) et 125 blessés - dont trois journalistes. Le quartier où les "chemises rouges" sont retranchées est bouclé.

Les leaders des "chemises rouges", qui ont juré la chute du gouvernement, ont accusé le Premier ministre d'avoir commencé "la guerre civile" et exigé le retrait des troupes autour du quartier qu'ils contrôlent. Officiellement, selon les termes du ministre de la Défense, l'opération militaire en cours dans le centre de Bangkok pour déloger les manifestants vise à pousser les cadres du mouvement des "chemises rouges" à négocier. D'après le ministre, les militaires ont bloqué tous les accès menant au principal site où sont retranchés les manifestants, tandis que des protestataires qui occupaient un autre site de la capitale ont été dispersés. "Nous devons continuer à accentuer la pression, sinon nous ne serons pas en mesure d'appliquer la loi", a-t-il ajouté. Pour sa part, l'ex-Premier ministre thaïlandais en exil Thaksin Shinawatra a exhorté le gouvernement à retirer ses troupes et à reprendre les négociations.

Pressions croissantes sur Abhisit Vejjajiva

Les événements ont commencé à s'accélérer jeudi lorsque les autorités ont annoncé des mesures musclées pour reprendre le contrôle du quartier commerçant de Bangkok occupé depuis deux mois par les manifestants après l'échec du plan de réconciliation présenté la semaine dernière par Abhisit. Dans la soirée, le "conseiller" militaire des "chemises rouges", Khattiya Sawasdipol, a été blessé d'une balle en pleine tête alors qu'il discutait avec des journalistes. Surnommé le "commandant rouge", Khattiya est un général renégat tenu par le gouvernement pour un "terroriste" responsable d'une mystérieuse vague d'attentats à la grenade qui ont fait une centaine de blessés, mais il est vénéré par une bonne partie des "chemises rouges". Il a subi une opération du cerveau mais ses chances de survie sont jugées faibles. Il n'avait pas caché ces derniers jours qu'il n'acceptait pas le plan de sortie de crise du gouvernement. Il a toujours assumé son lien étroit avec Thaksin Shinawatra, ex-Premier ministre en exil renversé en 2006 par un putsch, et dont se réclament de nombreux manifestants.

L'état d'urgence, décrété à Bangkok début avril, a été étendu à 15 autres provinces du Nord et du Nord-Est du pays, bastion des "rouges". Une mesure qui n'a fait que confirmer combien le plan de sortie de crise du Premier ministre Abhisit Vejjajiva était désormais moribond. Devant la détérioration de la situation, les Etats-Unis ont fermé leur leur ambassade. "Nous somme très préoccupés, nous surveillons très attentivement" la situation, a déclaré à Washington le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley, annonçant la fermeture de l'ambassade. Peu après, le Royaume-Uni a lui aussi annoncé qu'il fermait sa mission diplomatique à Bangkok.

La crise, la pire dans le royaume depuis 1992, a déjà fait plus d'une trentaine de morts et plus de 1000 blessés depuis la mi-mars. Le Premier ministre fait face à une pression de plus en plus forte pour en sortir le pays, alors que les violences minent la confiance des investisseurs et des consommateurs. Les opposants, qui reprochent à Abhisit la légitimité douteuse de son élection il y a 17 mois avec le soutien de l'armée, tiennent son vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban pour responsable des affrontements qui ont fait 25 morts le 10 avril et exigent, pour mettre fin à leur mouvement, qu'il soit traduit en justice. La crise, qui paralyse une partie de la capitale, nuit aussi grandement à l'industrie du tourisme et fait fuir les investisseurs étrangers, qui ont revendu pour près de 600 millions de dollars d'actions thaïlandaises lors des six dernières séances.

Trois journalistes blessés par des tirs

Trois journalistes ont été blessés vendredi à Bangkok en couvrant les violences entre manifestants et forces de l'ordre, un mois après le décès dans des circonstances similaires d'un caméraman de l'agence Reuters. Les trois hommes ont été touchés à la jambe et semblent hors de danger. L'un d'eux, Nelson Rand, caméraman canadien du service anglophone de la chaîne d'information continue France 24, a été grièvement blessé. "Il a été (...) touché par trois balles. (...) Une a touché sa jambe, une autre a touché l'abdomen et une autre a touché son poignet qui a de multiples fractures", a déclaré Cyril Payen, correspondant à Bangkok de France 24, en direct sur la chaîne. Il a "été touché par des armes automatiques qui venaient de l'armée", a expliqué le correspondant en précisant que Nelson Rand courait lorsqu'il avait "été fauché par une rafale de M 16". Il a été admis à l'hôpital Chulalongkorn où il a subi une intervention chirurgicale. Le quotidien thaïlandais Matichon a par ailleurs indiqué que l'un de ses photographes avait également été blessé par balle. Et la chaîne de télévision par internet Voice TV a déclaré qu'un cameraman, âgé de 27 ans, avait été blessé mais que son état était jugé satisfaisant.

Par TF1 News (D'après agence) le 14 mai 2010 à 07:14
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4 Commentaires

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  • sbarro68, le 15/05/2010 à 06h23

    Je vis aussi a bangkok depuis qq annees , il n y que le centre qui est boucle mais ca genere des bouchons monstre dans la ville. Pour le reste on regarde comme vous a la tele , la vie est tout a fait normal si l on ne vas pas au centre , c loin d etre une guerre civil dans tout le pays, Pour les reportaires qui on eu des balles arreter des vous mettrent entre les militaires et les rouges ca eviteras dans prendre une , mais ca vous fera des photos moins sensationnelles,le zoom existe c pas pour rien

  • jples03, le 15/05/2010 à 00h28

    Bon dés qu'ils auront fini le ménage chez eux ils pourraient peut-être venir nettoyer a tremblay ???

  • henri_bambelle, le 14/05/2010 à 13h58

    Merci de l'information. A l'évidence, tout va bien. C'est tant mieux pour tous ceux qui travaillent dans ce pays. Personnellement, je partirais avant que les affaires se gâtent.

  • fimadou, le 14/05/2010 à 10h00

    Ma fille est à Bangkok,en ce moment même,ou elle est hébergée chez des amis dans la banlieue.D'après son mail d'il y a 5 heures,tout va bien et seul le centre ville est interdit d'accès.De plus l'aéroport international fonctionne normalement sans aucunes restrictions.

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