Combats dans le quartier de Bangkok aux mains des "chemises rouges" (15 mai 2010) © TF1/LCIAu lendemain d'une journée sanglante dans les rues de Bangkok, le Premier ministre thaïlandais a de nouveau affiché sa fermeté dimanche lors d'une allocution télévisée. Abhisit Vejjajiva a déclaré que son gouvernement étudiait la possibilité de décréter un couvre-feu dans la capitale, après trois jours de violences entre soldats et manifestants. Une mesure que l'armée a dans un premier temps approuvée pour certains quartiers de la ville, avant que le gouvernement ne finisse par renoncer à l'imposer, en évoquant le sort des résidents des quartiers occupés par les manifestants.
Thaïlande: la médiation du Sénat, ultime lueur d'espoir ?
Un chef de file des "chemises rouges" annonce mardi être d'accord pour l'ouverture de négociations sous l'égide du Sénat, qui a offert sa médiation.
Publié le 18/05/2010
Pouvez-vous partir sereinement en Thaïlande ?
Même si les touristes ne sont pas menacés par les face-à-face quotidiens et souvent violents entre "chemises rouges" et forces de l'ordre, certains pays déconseillent les voyages dans toute la Thaïlande. La France se limite pour l'instant à Bangkok, la capitale.
Publié le 04/05/2010
Thaïlande : l'ultimatum des "chemises rouges"
Les partisan pro-Thaksin promettent de marcher lundi vers le camp militaire où le gouvernement s'est retranché pour en réclamer la chute et exiger la convocation d'élections parlementaires dans les 24 heures.
Publié le 14/03/2010
Bangkok, champ de bataille
Les combats se poursuivent dans le quartier commerçant de Bangkok, où se sont retranchés les manifestants antigouvernementaux assiégés par l'armée. Depuis jeudi soir, le bilan est de 22 morts et 172 blessés au moins.
Publié le 15/05/2010
La situation très tendue depuis des semaines entre "chemises rouges" et soldats a dégénéré jeudi soir après la tentative d'assassinat du conseiller militaire des manifestants, l'ex-général Khattiya Sawasdipol, dit le "commandant rouge". Selon un dernier bilan du ministère de la Santé, 33 personnes ont été tuées et plus de 239 autres blessées depuis jeudi. D'après des témoins, les victimes se comptent majoritairement dans les rangs des manifestants, les militaires n'hésitant pas à tirer à balles réelles sur les "chemises rouges" qui ripostent en lançant des pierres, des cocktails Molotov ou des roquettes artisanales. Ce que l'armée elle-même reconnaît désormais à mots à peine couverts : un porte-parole militaire a expliqué que les soldats étaient autorisés à tirer sur les manifestants qui s'avancent à moins de 36 mètres des lignes défendues par l'armée. Certains protestataires auraient été abattus par des snipers positionnés sur des toits.
"Zone de tirs à balles réelles"
Dimanche matin, le calme précaire qui régnait depuis l'aube autour du quartier de Bangkok occupé par les manifestants anti-gouvernementaux a été de nouveau brisé par des tirs, qui ont fait de nouveaux blessés et sans doute un nouveau mort. Les approvisionnements en eau, en électricité et en nourriture sont désormais coupés tandis que des barrages de soldats bloquent les accès au quartier. Des panneaux portant la mention "zone de tirs à balles réelles" visent à dissuader quiconque de s'y aventurer. Les protestataires se sont organisés pour faire face à un éventuel assaut général des forces de l'ordre, en érigeant des barricades de barbelés, de pneus arrosés de kérosène et de bambous autour de la zone de plusieurs kilomètres carrés.
Le regain de violence de ces derniers jours a contraint le pouvoir à différer d'une semaine la rentrée scolaire à Bangkok, qui devait avoir lieu lundi après les congés annuels. Des écoles internationales vont également rester fermées lundi tandis que de nombreuses sociétés ont été contraintes de déménager temporairement leurs bureaux, situés dans la "zone rouge", dans des quartiers plus calmes de la capitale. Les Etats-Unis ont été le premier pays à ordonner samedi l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Bangkok et à formellement déconseiller aux Américains de se rendre dans le royaume. Sans prendre de telles mesures, d'autres pays, comme la Chine, ont exprimé leur "vive préoccupation" face à la dégradation de la situation.
Cette crise politique, la plus grave dans le royaume depuis 1992, a déjà fait officiellement 56 morts et plus de 1600 blessés depuis la mi-mars. Les manifestations ont été lancées par des partisans de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, aujourd'hui en exil, qui jugent le gouvernement Abhisit illégitime et l'accusent de servir les élites de Bangkok. Dimanche, ils ont lancé un nouvel appel au roi Bhumibol Adulyadej, dans lequel ils disent mettre leurs derniers espoirs. Par le passé, le souverain, que certains Thaïlandais considèrent comme un demi-dieu, est déjà intervenu apaiser des crises majeures. Ce fut le cas notamment en 1992, lorsqu'il fit s'agenouiller des leaders des manifestants et de l'armée, mettant immédiatement fin à une crise sanglante. Mais le roi est âgé (il a 82 ans), il est hospitalisé depuis le mois de septembre, et ne s'est pas publiquement exprimé sur la crise depuis qu'elle a éclaté, à la mi-mars.
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