Snipers et menaces de couvre-feu contre les "rouges" de Bangkok

Par TF1 News (D'après agence), le 16 mai 2010 à 08h39 , mis à jour le 16 mai 2010 à 20h39

Un calme précaire règne dans le quartier aux mains des manifestants et dont l'armée fait le blocus. Depuis jeudi, 33 personnes ont été tuées et plus de 230 blessées.

Combats dans le quartier de Bangkok aux mains des "chemises rouges" (15 mai 2010)Combats dans le quartier de Bangkok aux mains des "chemises rouges" (15 mai 2010) © TF1/LCI

Au lendemain d'une journée sanglante dans les rues de Bangkok, le Premier ministre thaïlandais a de nouveau affiché sa fermeté dimanche lors d'une allocution télévisée. Abhisit Vejjajiva a déclaré que son gouvernement étudiait la possibilité de décréter un couvre-feu dans la capitale, après trois jours de violences entre soldats et manifestants. Une mesure que l'armée a dans un premier temps approuvée pour certains quartiers de la ville, avant que le gouvernement ne finisse par renoncer à l'imposer, en évoquant le sort des résidents des quartiers occupés par les manifestants.

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Plus d'infos

La situation très tendue depuis des semaines entre "chemises rouges" et soldats a dégénéré jeudi soir après la tentative d'assassinat du conseiller militaire des manifestants, l'ex-général Khattiya Sawasdipol, dit le "commandant rouge". Selon un dernier bilan du ministère de la Santé, 33 personnes ont été tuées et plus de 239 autres blessées depuis jeudi. D'après des témoins, les victimes se comptent majoritairement dans les rangs des manifestants, les militaires n'hésitant pas à tirer à balles réelles sur les "chemises rouges" qui ripostent en lançant des pierres, des cocktails Molotov ou des roquettes artisanales. Ce que l'armée elle-même reconnaît désormais à mots à peine couverts :  un porte-parole militaire a expliqué que les soldats étaient autorisés à tirer sur les manifestants qui s'avancent à moins de 36 mètres des lignes défendues par l'armée. Certains protestataires auraient été abattus par des snipers positionnés sur des toits.

"Zone de tirs à balles réelles"

Dimanche  matin, le calme précaire qui régnait depuis l'aube autour du quartier de Bangkok occupé par les manifestants anti-gouvernementaux a été de nouveau brisé par des tirs, qui ont fait de nouveaux blessés et sans doute un nouveau mort. Les approvisionnements en eau, en électricité et en nourriture sont désormais coupés tandis que des barrages de soldats bloquent les accès au quartier. Des panneaux portant la mention "zone de tirs à balles réelles" visent à dissuader quiconque de s'y aventurer. Les protestataires se sont organisés pour faire face à un éventuel assaut général des forces de l'ordre, en érigeant des barricades de barbelés, de pneus arrosés de kérosène et de bambous autour de la zone de plusieurs kilomètres carrés.

Le regain de violence de ces derniers jours a contraint le pouvoir à différer d'une semaine la rentrée scolaire à Bangkok, qui devait avoir lieu lundi après les congés annuels. Des écoles internationales vont également rester fermées lundi tandis que de nombreuses sociétés ont été contraintes de déménager temporairement leurs bureaux, situés dans la "zone rouge", dans des quartiers plus calmes de la capitale. Les Etats-Unis ont été le premier pays à ordonner samedi l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Bangkok et à formellement déconseiller aux Américains de se rendre dans le royaume. Sans prendre de telles mesures, d'autres pays, comme la Chine, ont exprimé leur "vive préoccupation" face à la dégradation de la situation.

Cette crise politique, la plus grave dans le royaume depuis 1992, a déjà fait officiellement 56 morts et plus de 1600 blessés depuis la mi-mars. Les manifestations ont été lancées par des partisans de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, aujourd'hui en exil, qui jugent le gouvernement Abhisit illégitime et l'accusent de servir les élites de Bangkok. Dimanche, ils ont lancé un nouvel appel au roi Bhumibol Adulyadej, dans lequel ils disent mettre leurs derniers espoirs. Par le passé, le souverain, que certains Thaïlandais considèrent comme un demi-dieu, est déjà intervenu apaiser des crises majeures. Ce fut le cas notamment en 1992, lorsqu'il fit s'agenouiller des leaders des manifestants et de l'armée, mettant immédiatement fin à une crise sanglante. Mais le roi est âgé (il a 82 ans), il est hospitalisé depuis le mois de septembre, et ne s'est pas publiquement exprimé sur la crise depuis qu'elle a éclaté, à la mi-mars.

Par TF1 News (D'après agence) le 16 mai 2010 à 08:39
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4 Commentaires

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  • sebo92, le 17/05/2010 à 07h00

    Combatre le gouvernement ne veut pas dire combatre le mal. Tout mon soutien a l'armée et a leurs familles dont les chemises rouge on tué des membre et pris en otage alors qu'ils fesais leur travaille. Et tout cela a commencer parce que les chemises rouge on lancer une grenade qui ont blésser des policiers. Ils ont aussi toucher un journaliste et tué un cameraman. A qui la faute.

  • 1337sysop1337, le 16/05/2010 à 19h04

    Baal_ n'a pas tort mais avec un léger bémol : ne serait-ce pas non plus dire que le peuple n'est rien et que - s'il est vrai que l'élite dirigeante est corrompue - peut continuer à bafouer le mandat octroyé par le peuple ? Je ne peux pas répondre à la question en ce qui concerne ce pays, je ne le connais pas assez mais la question n'est pas pour autant dénuée de mérite.

  • baal_, le 16/05/2010 à 17h06

    Pour quel motif ? Parce qu'on vous fait croire qu'une "balle réelle" c'est grave mais pas une roquette artisanale ou un cocktail molotiv ? Ca un manifestant mérite de le balancer sur un soldat en toute impunité ? Parce que c'est romantique de croire que quelqu'un qui s'oppose au gouvernement est nécessairement un brave type ? Les soldats répliquent et défendent leurs positions avec les moyens qu'ils ont, et ces moyens n'en sont pas moins mortels que ceux des chemises rouges. Soutenez plutôt les habitants de ces quartiers qui se trouvent en danger parce que des extrémistes ont trouvé un intérêt à placer leurs barricades sous leurs fenêtres.

  • loanaourf, le 16/05/2010 à 10h59

    Tout mon soutien au chemises rouges.

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