© AFP/S. MaraiLe 20 juillet, une conférence internationale fera le point à Kaboul sur les réserves minérales de l'Afghanistan et sur l'exploitation des richesses de son sous-sol. Et dès cette semaine, Waheedullah Shahrani, le ministre afghan des Mines et de l'Industrie, sera à Londres pour présenter à plus de 200 investisseurs potentiels l'un des plus grands gisements de fer de la région. De son côté, Hamid Karzaï, le président afghan, a déjà appelé les Japonais à investir dans les mines de lithium.
Afghanistan : McChrystal démissionne après ses propos au vitriol
Le président américain a annoncé mercredi le limogeage du général McChrystal, chef des troupes de l'Otan en Afghanistan, suite à ses propos désobligeants sur l'exécutif américain.
Publié le 23/06/2010
Juin, mois meurtrier pour l'Otan en Afghanistan
Avec 79 morts en trois semaines, juin est déjà devenu le mois le plus meurtrier pour les forces internationales en huit ans et demi de guerre en Afghanistan.
Publié le 24/06/2010
Obama va-t-il virer le patron de l'Otan en Afghanistan ?
Le président américain, qui a convoqué le général McChrystal à la Maison-Blanche après ses moqueries contre Joe Biden, le vice-président, n'exclut pas de le limoger. L'affaire intervient au pire moment alors que les troupes internationales sont dans une passe délicate sur le terrain.
Publié le 23/06/2010
Série noire pour l'Otan dans sa lutte contre les talibans
Quatre soldats étrangers ont péri mercredi dans un hélicoptère de l'Otan abattu par les talibans. Au Pakistan, un convoi de ravitaillement destiné aux forces internationales en Afghanistan a été pris d'assaut, faisant sept morts.
Publié le 09/06/2010
Journée noire pour l'Otan en Afghanistan : dix morts, dont un Français
Les forces internationales engagées en Afghanistan ont connu lundi leurs pires pertes en une journée depuis août 2008 : sept Américains, deux Australiens et un Français ont été tués.
Publié le 08/06/2010
Un légionnaire français tué en Afghanistan
L'Elysée a annoncé lundi soir la mort d'un sous-officier français sur le front afghan. Trois autres soldats ont par ailleurs été blessés. Auparavant, l'Otan avait fait état de la perte de 10 autres soldats engagés sur place.
Publié le 07/06/2010
Le grand marchandage a donc commencé. Son point de départ : le 14 juin, le New York Times rend public un mémo du Pentagone. Le document indique qu'un groupe de géologues et d'experts du ministère américain de la Défense ont mis en évidence les immenses richesses du sous-sol afghan. Les ressources minérales sont estimées à mille milliards de dollars. En quelques heures, la nouvelle fait le tour de la planète. Quelques jours plus tard, le gouvernement afghan fait monter les enchères. Il annonce qu'il s'agit, en fait, de trois mille milliards. Trois fois plus. Le monde entier découvre que ce pays, l'un des plus pauvres du globe, est assis sur un véritable trésor.
Cuivre, or, nobium, lithium...
Le sous-sol afghan regorgerait de fer, de cuivre, d'or, de potasse, de cobalt, d'argent mais aussi de nobium (métal mou utilisé dans la fabrication des supraconducteurs) et de lithium (composant indispensable à la production de batteries rechargeables pour portables et ordinateurs). Selon un expert du Pentagone, cité par le New York Times, l'Afghanistan pourrait ainsi devenir "l'Arabie saoudite du lithium". Dans le Nord du pays, les réserves de pétrole et de gaz sont quant à elles plus importantes que prévues.
Après ces révélations, les déclarations s'enchaînent. Le Général David Petraeus, commandant en chef américain en Afghanistan et en Irak, estime "qu'il y a, là bas, un potentiel stupéfiant". Le conseiller du ministre afghan des Mines et de l'Industrie va jusqu'à affirmer que l'industrie extractive deviendra "la colonne vertébrale de l'économie afghane".
Faux scoop
Pourtant, l'information n'est pas nouvelle. Depuis les années 70, des rapports font en effet état des richesses du sous-sol afghan. Dans les années 80, les géologues soviétiques avaient ainsi prospecté le pays et dressé les premières cartes. En 1985, le gouvernement afghan s'apprêtait même à se lancer dans l'exploitation de ces ressources, comme l'indique l'Institut technologique de l'Illinois. Mais la guerre enterrera tous les projets.
Les ingénieurs afghans cacheront ensuite les cartes aux talibans quand ceux-ci prendront le pouvoir en 1996. Il faudra attendre 2004 pour qu'ils les ressortent. Une première équipe de chercheurs de l'USGS (United States Geological Survey) reprend alors leurs travaux et rend son rapport en 2007. A l'époque, l'information ne fait pas la "Une" des journaux.
Un coup de "com"
A qui profite donc aujourd'hui cette soudaine publicité ou bien à qui nuit-elle ? La question mérite d'être posée. La Chine s'intéresse ainsi au sous-sol afghan. En 2007, une entreprise d'Etat avait par exemple mis trois milliards de dollars sur la table pour obtenir la concession d'une mine de cuivre -dans la vallée d'Aynak, à 25 km de Kaboul, les gisements sont évalués à 88 milliards de dollars. Malgré la présence des insurgés, la China Metalurgical Group Corporation n'avait pas hésité à investir. Pourquoi ? Tout simplement car Pékin a besoin de métal rouge.
De leur côté, les stratèges américains ont compris que la guerre contre l'insurrection serait difficile à gagner. Le gouvernement stable et légtime sur lequel ils doivent nécessairement s'appuyer pour gagner les cœurs n'est pas encore celui qui siège à Kaboul. La richesse du sous-sol pourrait donc leur permettre de réussir là où les armes ont échoué. A la tête d'un pays avec un tel potentiel, Hamid Karzaï devient un homme fréquentable. Dans ce contexte, investir est attrayant pour l'Inde, la Russie, le Japon, la Chine, les Européens ..... L'opération de "com" permet donc de faire comprendre aux partenaires internationaux qu'il faut soutenir le gouvernement s'ils veulent bénéficier des richesses.
Selon le ministère afghan des Mines et de l'Industrie, il faudra entre cinq à dix ans pour mettre en valeur ses réserves. "L'industrie extractive doit s'appuyer sur des études et elle a besoin d'infrastructure », explique son porte-parole. Pour les experts du Pentagone, il est préférable de parler en décennies. L'Afghanistan n'a en effet ni chemin de fer ni réseau électrique, autant d'infrastructures nécessaires au développement d'une industrie minière. A l'engouement médiatique répond également la prudence de certains géologues. Stan Coats, l'un des premiers à s'être penché sur la question en 2005, estime qu'il "faut faire encore de nombreuses explorations afin de prouver que ces réserves sont exploitables, viables".
Les mauvais scénarios
Surtout, paradoxalement, cette richesse pourrait se retourner contre les Afghans. Les convoitises des insurgés pourraient en effet entraîner une augmentation des combats pour le contrôle des zones riches. Et, en l'absence d'un pouvoir fort et stable, le pays pourrait suivre la voie de la RDC. La République Démocratique du Congo, très riche en minerais, est confrontée à une guerre larvée depuis plus de 15 ans.
L'étude du Pentagone pourrait, enfin, se retourner contre ses auteurs. Tout comme en Irak, Washington pourrait se retrouver accusé de faire la guerre pour le contrôle des richesses du sous-sol. Voici qui brouillerait sérieusement le message de la Maison-Blanche étant donné que Barack Obama défend l'intervention militaire au nom de la lutte contre Al-Qaïda. Bref, le grand jeu ne fait que commencer. Avec une mise à trois mille milliards de dollars, la partie sera difficile.
Retour MYTF1
Afghanistan : McChrystal démissionne après ses propos au vitriol
Chargement en cours...




