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L'heure du verdict pour "Douch", tortionnaire Khmer rouge

Edité par
le 25 juillet 2010 à 23h00
Temps de lecture
3min
douch ouverture procès cambodge

"Douch", à l'ouverture de son procès, le 17 février 2009 / Crédits : TF1/LCI

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AsieLe tribunal spécial chargé de juger les Khmers rouges rend lundi son verdict dans le procès de Douch, l'un des derniers anciens chefs encore vivants du régime accusé d'avoir provoqué la mort de près de deux millions de Cambodgiens.

Plus de trente ans après les faits, le tribunal spécial chargé de juger les Khmers rouges rend lundi son verdict dans le procès de Douch, l'un des derniers anciens chefs encore vivants du régime accusé d'avoir provoqué la mort de près de deux millions de Cambodgiens. A l'issue d'un long et coûteux procès émaillé d'incidents, 40 ans de prison avaient été requis en novembre 2009 à l'encontre de Douch, de son vrai nom Kaing Guek Eav, 67 ans, qui dirigeait la prison de Tuol Sleng où 15.000 personnes ont été torturées et exécutées entre 1975 et 1979. L'ancien bourreau, qui répond de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, est passible de la perpétuité.
 
Il s'agit de la première procédure à aboutir dans cette juridiction parrainée par l'ONU, créée en 2003 après d'interminables tractations entre le Cambodge et la communauté internationale et qui n'a commencé ses activités que trois ans plus tard. Lors des audiences, le tribunal avait mis au jour les preuves les plus accablantes des responsabilités de Douch, serviteur dévoué de l'utopie marxiste de Pol Pot, qui a emporté environ un quart des habitants du Cambodge, morts sous la torture, d'épuisement ou de malnutrition. Les juges se sont appuyés sur les archives colossales laissées par les Khmers rouges en quittant le pouvoir, autant de photos, confessions écrites, registres scrupuleusement tenus. Les suppliciés devaient faire des aveux écrits d'un complot contre le "Kampuchéa démocratique". Très peu en sont sortis vivants.

"J'étais un rouage"
 
Devant le tribunal, Douch est apparu comme un ex-bureaucrate zélé, soucieux de ne pas décevoir ses supérieurs. Mais il s'est constamment protégé derrière la peur d'être lui-même exécuté avec sa famille pour expliquer son dévouement. "Je suis pétri de remords et suis profondément affecté par cette destruction d'une ampleur sidérante", a-t-il déclaré. "Je me suis retrouvé en train de servir une organisation criminelle qui détruisait son propre peuple d'une façon scandaleuse. J'étais un rouage dans une machine en marche". Mais, au dernier jour du procès, Douch a fait brutalement machine arrière et surpris tout le monde, y compris son avocat qui l'avait poussé à admettre sa responsabilité. Arguant qu'il n'était qu'un simple serviteur du régime de Pol Pot, il a estimé qu'il échappait de facto aux compétences du tribunal et sollicitait sa libération.
 
Des cinq cadres du régime aujourd'hui détenus, Douch est le premier à avoir été jugé. Les quatre autres, dont le "frère numéro 2" Nuon Chea, poursuivis aussi pour génocide contre les Vietnamiens et la minorité musulmane des Chams, attendent leur procès attendu en principe en 2011. "Le frère numéro 1", Pol Pot, est décédé en 1998. Le procès de Douch a été entouré de tensions, liées notamment aux pressions politiques exercées sur le tribunal. Le Premier ministre Hun Sen n'a jamais caché son irritation à l'égard de cette juridiction hybride cambodgienne et internationale, accusant les juges étrangers de recevoir "des ordres de leurs gouvernements".

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