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MSF : "Les gens restent généreux avec le Pakistan"

Fabrice Aubert par
le 25 août 2010 à 05h45
Temps de lecture
3min
Pakistan : sinistrés des inondations, 24 août 2010

Pakistan : sinistrés des inondations, 24 août 2010 / Crédits : TF1/LCI

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Asie Interview - Marie-Noëlle Rodrigue, directrice adjointe des opérations de Médecins sans frontières, explique à TF1 News que les dons récoltés par l'ONG pour aider les sinistrés des inondations sont tout à fait honorables.

TF1 News : Contrairement à d'autres ONG françaises, MSF n'a pas lancé d'appel aux dons pour le Pakistan. Pourquoi ?
Marie-Noëlle Rodrigue : Nous ne le faisons pas systématiquement. Ce n'était ainsi pas le cas non plus pour Haïti en janvier dernier. Les gens nous donnent de l'argent tout au long de l'année pour l'ensemble de nos actions. Nous décidons ensuite d'affecter ces dons à tel ou tel programme selon notre expertise de la situation sur le terrain et selon nos besoins là où nous intervenons. Cela nous permet de ne pas être tributaires de l'émotion engendrée par une catastrophe, de son traitement par les médias ou encore d'un quelconque agenda politique.

C'est exactement notre façon d'agir actuellement avec le Pakistan. L'argent que nous avons récolté ces derniers mois de manière générale nous permet d'y opérer sans lancer d'appel. Evidemment, nous n'en écartons pas l'idée si les conditions l'exigent. Mais ce n'est absolument pas à l'ordre du jour. Nos donateurs gardent néanmoins la possibilité de nous préciser eux-mêmes à quelle crise ils souhaitent affecter leur argent. C'est bien sûr le cas avec le Pakistan.

TF1 News : Combien avez-vous récolté pour l'instant avec ces dons volontairement envoyés pour le Pakistan ?
M.-N. R. :
Nous sommes entre 30.000 et 50.000 euros. C'est tout à fait honorable. Et, pour août, les dons généraux sont également tout à fait corrects et dans la lignée des autres mois de l'année. Les gens ne sont pas moins généreux avec le Pakistan qu'avec un pays différent touché par une catastrophe similaire. On en a le témoignage quotidien. Comme vous venez de le faire, nos donateurs nous demandent d'ailleurs aussi pourquoi nous ne lançons pas d'appel spécifique pour ces inondations. C'est la preuve qu'il y a bien un intérêt pour aider les victimes. Certes, le sentiment d'identification avec Haïti était peut-être plus fort. Mais le séisme avait été beaucoup plus traité par les médias occidentaux.

TF1 News : Estimez-vous  que les médias ne couvrent pas assez cette catastrophe ?
M.-N. R. : Il suffit de voir le peu de correspondants ou d'envoyés spéciaux sur place. Mais, plus que cette absence de reporters, c'est surtout la mauvaise image donnée du Pakistan en règle générale dans les médias occidentaux qui est préjudiciable. Elle est beaucoup trop caricaturale et caricaturée par des gens qui parlent du pays sans y avoir jamais mis les pieds.  Quand je regarde une émission sur le Pakistan à la télévision, je n'ai pas l'impression de retrouver l'endroit où je suis allée. Il faut lutter contre les raccourcis. Par exemple, en ce moment, nous travaillons en très bonne collaboration et en très bonne entente avec les autorités, pourtant souvent critiquées.

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  • duh24 : On ne prête qu'aux riches !

    Le 26/08/2010 à 12h46
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